c'est comme ça

c'est comme ça
C'est l'été, ça vous le savez tous, quoi que la fin arrive vite. Et en été, ce sont les vacances, donc le camping, et par extension, les apéros interminables, réunions de beaufs alcoolisés qui refont le monde à leur manière. Tout les sujets de conversation trouvent des solutions, à les entendre, tout est décortiqué dans des propos dont le quotient intellectuel est inversement proportionnel aux degrés d'alcool écrit sur les bouteilles exhibées sur la table.

Bon, je fais un mauvais procès des vacancistes professionnels, il est vrai qu'il s'entraînent dur tout au long de l'année dans les bistrots, alimentant ainsi les compilations de brèves de comptoirs. Ce genre de conversation faisant douter de l'intelligence humaine se retrouve, en fait partout. Et partout, le même air dégagé de personnes débitant avec conviction des stupideries. Je parle de comptoir, mais aussi des pauses au boulot, des repas de famille. Bref, partout.

Je n'apprécie pas côtoyer ce genre de milieu, préférant me taire plus que de paraître pour un imbécile aux yeux des idiots (ce qui est, cependant chose très agréable). Je préfère la fermer, et écouter rêveusement, suivant le bon vieux dicton: ne pas parler aux beaufs, ça les instruit. Ca m'amuse de laisser les gens dans leur ignorance savante, les entendre s'embourber avec un sourire en coin des lèvres.

Dernièrement, donc, pour clore cette introduction, j'ai eu l'occasion d'entendre moult et moult débats trépidants, passant d'un sujet à l'autre. Tout est passé par ces moulins à parole: le pape, le topless, la couleur de l'herbe, le prix exorbitant des bâtons de cancer, la politique, les chansons scandaleuses d'Orelsan... Des sujets bateaux, en somme. Répétés encore et encore. A chaque fois, les mêmes mots sortent, dans le même ordre. Mais, j'ai remarqué un phénomène amusant, chaque conversation se terminait par un "c'est comme ça".

J'en fus très étonné, et ait cherché à en connaître le sens et la raison. En remontant dans le passé, je me suis souvenu avoir déjà entendu cette expression, toujours dans de pareilles conditions, lors de conversations de quidams quelconques, et toujours pour clore une conversation et en engager une autre. Je me suis dit qu'il avait plus ou moins le même fonctionnement que le "voilà, voilà..." qui sert à casser les blancs trop longs entre deux échanges.

J'ai très vite été tenté, lors de mon étude de me dire: "c'est comme ça", et d'abandonner. Un abandon qui aurait été à la fois lâche et non scientifique. Pas digne d'un prochain licencié en lettres modernes.

Le "c'est comme ça" a à peut près le sens de "on n'y peut rien", il exprime une certaine impuissance face au sujet traité lors de la discussion, mais cela va bien plus loin, à l'entente de ces quatre mots, le sujet est abandonné du revers de la langue, toutefois, j'ai pu noter que chaque sujet était à peine survolé, "c'est comme ça" arrivait très vite, empêchant tout approfondissement salutaire.

L'expression serait en quelque sorte une conclusion qui tombe au moment où les différents locuteurs commencent à s'apitoyer sur sont sort. Le résultat est fulgurant en ce sens. Une petite gorgée d'alcool et la logorrhée repart de plus belle dans une autre direction. J'ai ainsi conclu que le constat d'impuissance avait dans un camping un effet dévastateur, d'où l'invention du "c'est comme ça". Enfin un remède qui ne creuse pas le trou de la sécurité sociale. L'arme anti-bloose universelle.

Seulement voilà, après avoir plus approfondi la chose, j'ai tiré une conclusion effarante. Le "c'est comme ça", s'il a souvent la simple valeur que je vient de lui donner en une autre, qui repose, elle? sur le mensonge. Je n'y avais pas pensé plus tôt, mais ça tombe sous le sens.

Alors que j'étudiais l'expression dans son milieu naturel, je l'ai vu surgir après un violent pamphlet-ricard concernant notre président. L'un sujet très couru cet été. (classé au top 10 des discutions de pochetrons). Vu que nous sommes en démocratie, le fameux "c'est comme ça" n'avait plus de sens, le peuple a le pouvoir sur ses dirigeants, vu que étymologiquement, c'est le peuple qui commande. L'argument d'impuissance n'avait donc pas lieu d'être, et pourtant, il était bien présent, sous mon nez. J'ai donc décidé de capturer le spécimen pour l'étudier au labo. J'en ai profité de mon travail pour rapporter d'autres individus de la même espèce, tous capturés lors de discutions politiques.

Dans les sujets, il n'était aucunement question d'une quelconque impuissance, mais de choix faits par les citoyens et citoyennes du pays, des gens tous intelligents, responsables qui vont devant l'urne avec une conscience aiguë de la politique. Seulement, ces mêmes gens se retrouvaient un été plus tard autour d'une table en plastique branlante à pester contre l'homme choisi, contre ses décisions, et autre. Je fus d'ailleurs étonné que les touristes se complaisent dans leurs critiques stériles, mais jamais ne parlaient des noms qu'ils ont déposé dans les urnes. Cette observation m'ouvrit la voie à une conclusion étonnante: le "c'est comme ça" permettait aux concitoyens lambda de ne pas se retrouver face à leurs erreurs d'isoloir. Grâce à lui, ils n'avait pas à se dire qu'ils étaient les causes des conséquences qu'ils critiquaient. "C'est comme ça" est donc un libérateur de conscience énorme. S'il était encore en vie, je conseillerais Caïn, mort à cause de sa mauvaise conscience pour avoir tué son frère de se dire: "c'est comme ça".

"C'est comme ça" a donc un double rôle, selon la nature du terrain qu'il occupe soit il balaye le sentiment d'impuissance qui pèse lourd sur les épaules des vacanciers, soit il évacue la culpabilité. Dans ces deux domaines, il est effroyablement efficace, peut-être serait-il plus judicieux et plus intelligent d'aller au-delà de cette expression, comme on dépasse une frontière supposée infranchissable, et approfondissant le sujet au-delà. Les techniques existent, mais c'est leur application qui est compliquée. Enfin, c'est comme ça.

# Posté le dimanche 16 août 2009 09:17

arnaque basse consommation

arnaque basse consommation
C'est l'histoire d'une escroquerie en règle, d'un crime crapuleux, une arnaque nationale, un meurtre en bon et du forme. Je parle ici de l'assassinat, devrais-je dire, le génocide des ampoules à filament. Après plus d'un siècle de bons et loyaux services à éclairer à peut près tout ce qui est baigné dans le noir, la voici rejetée au rebus, maudite, accusée de tout les maux de notre monde, depuis les dix plaies d'Egypte jusqu'à la mort des ours blancs. C'est le parjure qui l'a condamné.

Pourtant, elle en avait fait du travail, elle était le symbole de notre maîtrise de l'énergie électrique. Mais sa longue histoire ne l'a pas sauvée. Elle fut accusée, jugée, et à présent condamnée. Son crime est bien simple, elle produisait de la chaleur. Seulement, cette simple dénonciation ne servait en elle même à rien, il fallait un témoin. A la barre, l'ampoule basse consommation en tant que partie civile. Le tribunal peut à présent faire son travail. Seulement, un vaste groupe occulte, un lobbying forcené soutient le témoin et l'accusation. Il faut dire pour que la compréhension de l'affaire soit exacte que la place de l'ampoule classique est très enviée, elle a le monopole dans tout les foyers, ce qui ne peut lui créer que des ennemis. La comparution ne donna rien, l'ampoule était certaine de sa victoire, mais les commerçants en avaient décidé autrement. Elle encourut donc de la peine capitale, la mort par extinction (ironique, n'est-il pas? une ampoule qui se voit dans la liste des
espèces éteintes).

L'accusation est la suivante: l'ampoule basse consommation produit trop de chaleur par rapport à la lumière qu'elle dégage. C'est la différence avec l'ampoule basse consommation. Seulement, le procès n'aurait pas dut se conclure de cette façon, bien au contraire, la basse consommation traînait de lourds boulets derrière, boulets que les lobbyistes réussirent à cacher au juge et au jury.

Nous refaisons ici le procès avec de nouvelles preuves prouvant que le véritable coupable n'est pas celui qui a été honteusement condamné. le premier chef d'inculpation à élever contre l"ampoule basse consommation est sa lenteur à la détente. Une fois l'interrupteur activé, il faut compter de longues et laborieuses lumières avant que la lumière soit à son maximum de sa puissance, il faut qu'elle chauffe, cette première erreur l'empêche du même coup d'être efficace lorsqu'on allume et l'éteint rapidement, donc, mauvais point si on veux en faire un clignotant. Par ailleurs, ce type d'ampoules ne peut être adapté à un régulateur, tandis que la classique pouvait fournir la lumière dont on avait besoin, et seulement dont on avait besoin.

Autre grief que je porte contre l'ampoule basse consommation est son teint constamment blafard qui nous donne des visages de gothiques déterrés même après une séance d'UV. Sa soeur, elle se plaisait à nous donner des teintes chaudes en plein coeur des nuits d'hivers, mais est-ce pour cette raison, monsieur le juge que vous avez condamné une innocente? L'ampoule à filament produit de la chaleur dites-vous? Certes, mais cette chaleur ainsi produite est une chaleur que le système de chauffage d'une maison n'aura pas besoin de réer de lui-même, est-ce vraiment plus économique de devoir pousser le radiateur au maximum plutôt que d'utiliser des ampoules classiques qui se chargent d'une part du travail?

Monsieur le président, je le clame haut et fort devant la cours, j'accuse l'ampoule basse consommation de cacher ses vices qui sont infiniment plus nombreux que celle des ampoules classiques, et le principal, je ne l'ai pas encore cité. Savez-vous que si l'ampoule classique a le défaut, il est vrai de brûler plus d'énergie qu'elle ne le devrais, elle n'est composée d'aucune substance polluante, à l'inverse de sa soeur.

La basse consommation marche selon le même principe que les néons, avec l'aide d'un gaz nocif pour la nature entière, aussi, l'usager de ce type d'ampoule est obligé de se rendre dans des lieux spécifiques pour remettre son ampoule usagée. N'est-ce pas une perte de temps pour le consommateur? Alors qu'avec la classique, il lui suffit de jeter l'ampoule parmi les déchets ménagers. En outre, je n'ose imaginer les effets que le gaz aurait sur une nature déjà fragilisée par nos bêtises. Savez-vous seulement ce qu'il faut faire lorsqu'une ampoule basse conso se brise dans une pièce? Il faut prendre des précautions frisant le ridicule: ouvrir toutes les fenêtres, quitter une demi-heure la pièce, revenir avec un ruban adhésif pour récupérer les morceaux éparpillés. Et j'en passe. Rappelez vous seulement qu'il suffisait d'un coup de balai pour réparer les dégâts causés par une ampoule classique.

En outre, et ce point est sans doutes aussi important que le précédent, messieurs les jurés, je me suis laissé dire que pour éviter les problèmes stroboscopiques que nous connaissons tous des néons en fin de vie, les ampoules basse consommation sont équipés d'un condensateur régulant la tension lumineuse, condensateur qui produit un champ électromagnétique dont les effets sur la santé humaine et animale sont incroyablement graves, en effet, les ondes électromagnétiques générées auraient une influence des plus importante sur le cerveau, et risquent de causer chez l'homme des troubles d'ordre hyperactifs, et, plus grave encore, des cancers de la prostate et du col de l'utérus. A l'instar des téléphones portables et autres gros producteurs d'ondes électromagnétiques, les ampoules basse consommation poseraient des problèmes pour les personnes portant des pacemaker.

L'affaire est à présent classée, seulement, je voudrais vous faire voir les lourdes erreurs causées par les pressions de lobbyistes, le procès fut une erreur, et la mise à mort de l'ampoule classique est un crime plus qu'un simple jugement.

# Posté le dimanche 02 août 2009 11:21

La grande fin du repas

eat me, drink me

Une longue soirée de teuf à n'en plus finir a la propriété étonnante de détruire des couples, et d'en reconstruire d'autres. Et c'est exactement ce que raconte Manson dans l'album suivant the golden age of grotesque. Il resta de longues années sans faire de musique, plus occupé d'entretenir son couple avec la strip-teaseuse Dita Von Tease. Plus occupé à continuer sa fête décadante dans son cabaret aux horreurs. Tant que la fête se répète, il n'avait rien de nouveau à dire. Seulement, nous l'avons vu, l'histoire n'était pas une histoire de coeur, plus une histoire de cul. Au bout de quatre ans, donc, il reprend les armes, et se remet à créer. L'élément déclencheur est l'acte d'une gamine avec qui Manson couchait pour oublier sa femme. Elle était transie d'amour, et voulait avoir la rockstar pour elle toute seule, alors elle brandit un couteau et menace de se tuer si son amant ne prend pas de décision. Cette scène est racontée dans la première chanson. Les suivantes parlent de l'histoire avec Dita, dépeignent la dégradation des sentiments et du couple. Les symptomes sont au départ très ténus, mais Dita devient une figure maléfique et possessive pour Marilyn, destructrice, même. Le chanteur décide alors de la quitter, voyant que le couple allait droit dans le mur.

C'est à ce moment qu'arrive la gamine, la chanson centrale de l'album. La fraicheur de la fille donne à nouveau goût à la vie et permet à Manson de fuir sa femme acariâtre. La chanson suivante est une déclaration d'amour pour le jeune fille (de vingt ans plus jeune que lui, quand même! c'est pas rien). Seulement, Dita continue à le hanter, les sentiments persistent de façon résiduelle, seulemet, la nouvelle relation de Manson le rend plus fort, et il emmerde son ex-femme. L'album eat me, drink me est le plus nombriliste de Manson, il ne regarde que son histoire de cul/coeur, à l'exception d'une chanson qu'il adresse à ses fans. Sachant que ces derniers ne s'attendent pas le moins du monde à voir leur idôle baigner dans des sentiments miéleux, son message est ici assez clair: acceptez moi comme je suis, où alors ne m'écoutez pas. Dans la dernière chanson, la figure de Dita Von Tease réapparait sous la figure de la cruelle reine rouge de Alice au pays des merveilles, la reine décapitatrice. Face à cette menace toujours présente, Manson se sent toujours vulnérable, malgré le geste d'amour qu'a fait son amante actuelle pour lui prouver son amour, la dernière phrase de la chanson laisse penser que le chanteur n'est pas certain de ce que sera la fin de l'histoire.

the high end of low

Il s'agit du dernier volet de la saga de Marilyn Manson, sorti il y a quelque mois. Le début reprend exactement là où s'est arrêté l'album précédent, la relation avec la jeune Evan Rachel Wood. Seulement, le chanteur s'en lasse vite, la fraicheur de sa femme actuelle disparaît vite, et la relation s'essouffle vite. Parallèlement, Manson commence à regarder autour de lui, où il en est. Depuis the golden age of grotesque, nombreux sont ses fans de la première heure qui se détournent de lui, le pensant mort. Seulement, ils sont dans l'erreur, car Manson est toujours là, et sa révolte renaît après avoir été un temps muette. Mais au lieu de se tourner contre l'extérieur, il s'applique à saccager tout ce qu'il a construit lors des deux précédents disques, à savoir le cabaret aux horreurs et sa relation avec la petite jeunette. La destruction du cabaret occupe deux chansons de l'album, et c'est ensuite qu'il décide de tuer celle qu'il fréquentait. Avant cela, il envisage de tout réduire en cendre, seulement, sa rage n'est plus suffisantes pour le faire, au milieu de sa destruction, il dit voir un nouveau départ apparaître après la fin du monde, chose qu'il n'avait jamais réussi à voir lors des albums précédents qui s'arrêtaient à la perspective de la fin du monde.

L'assassinat d'Evan se passe dans un morceau de 9 minutes, extrèmement long, qui donne une impression de confinement, d'oppressement, le vocabulaire du cinéma est omniprésent dans le texte, laissant penser que le meurtre ne se fait que dans sa tête, comme un fantasme, mais le morceau signera la fin définitive de l'histoire de Manson avec sa copine, qui est d'ailleurs actrice. La raison de ce meurtre tient au fait que le personnage de Marilyn Manson se sent incompris, aimé pour ce qu'il n'est pas, pour une image trop éloignée de ce qu'il est au fond de lui. Chacune de ses relation s'est finie pour la même raison, il collectionne les différentes histoires car il ne trouve personne pour aimer ce qu'il est, mais cet état de fait pose de lourdes questions identitaires, qui est-il réellement? Qui est Marilyn Manson? Pour tenter d'y répondre, il choisit de réendosser son vieux costume d'anti-américain primaire, seulement, tout au long de la chanson, il ne fait que de répéter la même chose sans vraiment être constructif. Le morceau semble déplacé, et cette tentative pour se retrouver est un échec, l'effet est inverse à celui escompté et Manson tombe encore plus profondément en disgrâce. Quelque chose tente tout de même de freiner la chute, une porte de sortie se dessine, quelqu'un d'oublié voit le jour, une voix autre que celle de Manson s'élève, et s'adresse à Manson directement. Brian Warner se réveille, ressurgit après de longues années plongé dans l'obscurité. Il était resté dans l'ombre de son alter égo pendant longtemps, muet depuis antichrist superstar, mais maintenant que Manson n'arrive pas à se relever, le voilà qui s'apprête à porter le coup de grâce, dans une lutte purement schizophrène. De l'issue du combat, nous n'en savons encore rien, si ce n'est que la rock star a bandonné deux traits significatifs de son look, les yeux verrons, et les sourcils rasés. Est-ce le signe de la guerre entre les deux facettes du personnage?


L'histoire que Manson nous narre est loin d'être finie, pour ma part, j'espère avoir fait découvrir quelque peu le personnage aux gens qui en sont effrayé. En attendant la suite...
La grande fin du repas
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# Posté le mercredi 22 juillet 2009 12:31

dans l'ombre du grotesque

dans l'ombre du grotesque
L'album mechanical animals décrit l'arrivée de Manson dans un monde auquel il rêvait d'appartenir, qui est à la fois merveilleux et effrayant par de nombreux aspects, surtout par celui qui opposait le personnage Oméga sentimental aux animaux mécaniques froids, sans aucun affects. Cette différence primordiale fait qu'à la fin de l'album, Manson est chassé de ce monde, vu qu'il n'y a rien à y faire, il est bien trop différent.

Holy Wood (in the shadow of the valley of death)

Oméga devient Mercury, ce n'est plus un personnage qui recouvre ses sentiments à qui nous avons affaire, mais un être plein de rancoeur contre cet univers qui l'a rejetté. Il revient donc, avec la ferme intension de tout détruire sur sn passage, de révéler tout les artifices du monde qui ne jure que par ces trois mots: flingue, dieu, et gouvernement (la violence, la religion, et l'autorité). Après une première chanson dans laquelle il adresse sa rage à Dieu et une seconde décrivant le rapport amoureux qu'ont ses contemporains pour les armes, Mercury engage la révolte, appelle à la lutte. Malgré tout ce qu'il éprouve, la révolte avorte, elle est réutilisée par les médias qui en font un spectacle de plus. Dans une chanson extrêmement ironique, Manson raille ses détracteurs en s'accusant lui-même de tout les maux possibles. La reprise de sa révolte lui porte un coup très violent, et Manson sombre dans la résignation, rien ne pourra changer le monde dans lequel il vit. Il voit à quelle point la mise en scène d'une exécution peut attirer les foules, et comment elle est vendue comme étant une simple distraction.

Les anonymes cherchent à atteindre la célébrité en commettant des meurtres de masse, mais ils se rendent compte trop tard qu'il n'y arriveront jamais. Mercury voit aussi comment les stars mortes sont sanctifiées, il suffit de mourir sous les feux des projecteurs pour atteindre la gloire éternelle. C'est donc un regard très lucide qu'il porte sur l'univers qui l'entoure. Après un dernier sursaut de révolte, Manson se résigne totalement, et jette un dernier regard de désespoir autour de lui. Il repense à l'amour qu'il a connu, et qu'il a perdu. Le monde est en train de mourir, il ne l'a pas sauvé. Il est condamné à mort, et s'adresse une dernière fois à la foule, à son public avant de s'enfermer dans sa cellule. Il y écrit sa dernière lettre à l'intention de ses détracteurs, prend son flingue qu'il dirige vers sa tête.

the golden age of grotesque

La révolte a lamentablement échoué, il ne reste plus qu'une solution à Mercury. Changer une nouvelle fois de peau, et se fondre dans la masse. Il devient alors un dandy et décide de ne plus prêter attention à ce qui se passe autour de lui, ne plus regarder ce monde qui court à sa perte, et plutôt faire la fête, avec les autres mechanical animals. Manson endosse pour son nouvel album le costume de Mr Loyal, le maître de cérémonie, et organise la fête de ses rêves, pleine de drogues, de sexe, et surtout de rock'n'roll. Sa rage est toujours présente, mais ne vise plus rien, la violence de l'album est de la violence gratuite, il n'y a plus de critique constructive. Cependant, un regard sarcastique est toujours posé sur les convives de son cabaret. La débauche de luxe inutile, le culte de l'argent, les grosses bagnoles couvertes de diamands, mais ne font-ils pas parti du show eux-aussi?

L'album the golden age of grotesque est celui de l'égo-trip, en tant qu'organisateur de la fête, le dandy est tout puissant, il surpasse de toute sa personne la fange de ses détracteurs qui ont beau l'insulter, ils ne lui arrivent pas à la cheville. Mais la fête, c'est aussi l'occasion de baiser tout ce qui bouge, les sentiments amoureux sont inexistants, à part peut-être quelques allusions sur Coma White. L'amour n'existe plus, il ne reste plus que le sexe, et l'appartenance mutuelle. Tout ce que Manson peut dire à sa femme actuelle est un mensonge, il pense l'exact contraire de ce qu'il affirme. Les sentiments ne peuvent en fait pas résister à l'amour propre et à l'égo hypertrophié du personnage. L'une des chansons se résume d'ailleurs à des voix de femmes disant pourquoi elles voudraient baiser Manson. Pas dupe de son petit jeu, Manson va jusqu'à critiquer la révolte inutile et gratuite, puis, il se tourne vers tout les détracteurs pour leur montrer en quoi leurs insultes et clichés ne l'atteignent pas le moins du monde, au contraire, ils le renforcent. En conclusion, si cet album ne possède pas de structure narrative comme les trois précédents, il se rapproche, par les thèmes abordés de mechanical animals, au détail que dans mechanical animals, Manson est différent de ses contemporains, et dans the golden age of grotesque, Manson se fond dans la masse.
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# Posté le samedi 11 juillet 2009 11:09

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 10:31

portrait de l'antichrist mécanique

portrait de l'antichrist mécanique
La principale raison pour laquelle j'apprécie vraiment Marilyn Manson, c'est que chacun de ses albums est différent des autres, chacun raconte une histoire, des histoires qui sont liées entre-elles. Chaque album est en fait l'un des épisodes d'une sorte de mythologie. Je vais ici, et sur les trois articles à venir tenter d'expliquer, dans les grandes lignes ce dont parle Manson dans ses chansons.

portrait of an american family

Le premier volet s'intitule Portrait of an American Family. La famille américaine est représentée sur la pochette, devant la télé, les yeux globuleux, bière dans la main du père, le garçon a un air fou. Cette définition correspondrait à celle des simpson, et il y a un lien. Le dessin animé avait été créé pour critiquer l'américain moyen, et l'album serait la version glauque des simpsons. Ici, Manson s'adonne à la critique de tout les vices qui l'entourent, et parle du même coup de ses ambitions.

Si je devais le décrire, je dirais que dans cet album, Marilyn Manson est encore Brian Warner, même si il porte son alter-égo en son sein. Brian est un gamin qui joue du rock dans son garage, il crache sur les talk-show, les gentilles mères au foyer, les bons sentiments hypocrites. Il désire plus que tout sortir de cette fange d'Amérique profonde, et la seule solution est pour lui la musique, il veut en effet grandir et devenir une rock star, mais garde une vision très lucide de l'art du spectacle, sachant que s'il endosse le rôle d'amuseur, son public risque de ne pas voir ce qu'il y a au fond de ses yeux.

antichrist superstar

Antichrist Superstar, considéré par la majorité des fans comme étant le chef d'oeuvre du rockeur, il marque la véritable naissance de Marilyn Manson, et raconte en gros l'histoire d'un ver qui se transforme en papillon, d'un homme qui devient ange. Le ver est le personnage présenté dans le premier album, un môme sans grand intérêt qui porte un regard tout de même critique sur le monde extérieur. L'album décrit en quelque sorte une apocalypse personnelle, dans le sens de révélation. Les premières chansons sont encore très empruntes de cette amérique puritaine, les deux premières surtout, seulement, l'ambiance est plus sombre, Portrait avait quelque chose de clownesque, maintenant, il n'est plus question de rire, le sujet est grave, et l'ouverture de l'album est d'ailleurs très violente. Ensuite, viennent des morceaux plus calmes, le ver cherche à fuir son monde d'origine en prenant plein de poudre blanche, et enfin, décide de créer une sorte de poupée à la manière de frankestein, ou de Pygmalion. Cette femme artificielle, c'est l'album lui-même, et c'est à partir de là que commence la mutation. La création d'Antichrist Superstar représente la mutation de Brian en Marilyn.

Le CD est divisé en trois parties, la deuxième décrit la transformation en tant que telle, en alternant entre des morceaux parlant de la mutation, et d'autres parlant de la célébrité, des fans qui apparaissent et qui commencent à idolâtrer la star naissante. Enfin, Manson devient l'ange aux ailes encroûtées, et après avoir rejetté son passé dans une ultime chanson (il parle de son papy fripon), il devient l'antichrist superstar tout puissant, invincible, qui impose sa rage infinie au monde entier. Cet excès de rage (dans la chanson 1996, il finit en disant qu'il est anti lui) en tout sens l'affaibli beaucoup, mais est libérateur car après cette chute, il ressort plus fort, pareil à Dieu, à la fin de l'album, l'antichrist est mis à mort par ceux qui avaient été ses paires qui le craignent et décident de le lyncher.

mechanical animals

L'album suivant s'ouvre par les mots "dans l'espace". Manson ne fait plus parti de la foule, il est devenu une star appelée Oméga. Seulement, dès son arrivée, il se rend compte que l'univers du show-bizz n'est pas comme ce qu'il espérait, le monde est blanc et froid, et les stars qui l'entourent ne sont que des animaux mécaniques sans sentiments. Paradoxalement, Manson, lui, découvre ses sentiments, et tombe amoureux d'une femme appelée Coma White. Il existe ainsi deux Manson: Oméga qui est une rock star, et Alpha qui est un être sensible, amoureux.

Après avoir rencontré les animaux mécaniques que sont les stars, Manson se révolte contre le rock qui est selon lui mort, un rock qui ne choque plus personne, qui est fade et sans saveur. Son histoire d'amour croît, mais dans le monde dans lequel il se trouve, ses sentiments sont quasiments impossibles à vivre. Oméga veut quitter ce monde, et dit même dans une de ses chansons vouloir disparaître, la drogue est extrèmement présente, plus sans doutes que dans antichrist, de nombreuses chansons en parlent, et tout les mechanical animals en prennent pour avoir l'impression d'être normaux. Le star system est un véritable broyeur d'individus, les réduisant à des objets, ou pire, à des poupées gonflables baisables et jetables à souhait. Manson décide alors fuir ce monde trop blanc, laissant Coma White derrière lui car elle aussi fait parti des mechanical animals.

# Posté le jeudi 09 juillet 2009 11:08