"C'est quoi le genre de musique que tu écoutes?" Question fréquente, nous l'avons tous entendu à de nombreuses reprises, question à la fois banale, et très chargée de sens, le questeur cherche par ce biais à saisir la personnalité de son interlocuteur, et tirera des conclusions fort hâtives, et souvent des plus éloignées de la réalité. Surtout quand on révèle écouter certains genres de musiques catalogués par une grande partie de
personnes, à savoir surtout le rap et le métal.
Il y a plusieurs façons de répondre à cette question. Assumer totalement en s'apprêtant à se lancer dans un débat perdu d'avance, visant à légitimer ces deux genres de musique, lutte verbale perdue d'avance car les péjugés sont tenaces. Il est aussi possible de camoufler ses goûts musicaux répréhensibles par l'opinion publique en citant des chanteurs acceptés par tout la foule. Le jugement des interlocuteur est alors favorable, mais basé sur un mensonge. Dernière solution, éluder très vite le sujet en se montrant le plus évasif possible, pour ne pas avoir à se justifier.
C'est souvent ma position (lâche, je vous l'accorde), dernièrement encore, à cette question, j'ai répondu: du bruit. Un terme assez vague pour englober n'importe quoi, mais assez précis pour qualifier les deux genres que je viens de citer. cependant, Victor Hugo n'a-t-il pas dit: la musique, c'est du bruit qui a une âme. Une définition que je trouve infiniment juste. Seulement, dire qu'on écoute du bruit conforte les préjugés défavorables à l'égard de certaines musiques, qui gardent souvent cette image de bruit plus que de véritable musique.
Les deux genres, rap et métal, s'accusent l'un et l'autre de n'être que du bruit: les rappeurs ne savent pas chanter, il n'y a pas de mélodie. Les métalleux ne font que beugler et sont assourdissants. Les préjugés restent puissants: les rappeurs sont des racailles qui crament des voitures, les métalleux sont des satanistes que sacrifient des poulets. Donc, quelqu'un qui écouterais sans distinction les deux genres serait une racaille sataniste qui sacrifie des voitures. Belle image!
Ecoutant les deux, j'endosse le double rôle de méchant, alors que je ne m'adonne à aucune de ces activités blâmable par la loi, et si l'on gratte un minimum, les chanteurs que j'écoute ne le font pas non plus.
En réalité, j'ai le sentiment que ces deux genres de musique sont les plus représentatifs de notre quotidien, de notre société. J'ai regardé dernièrement un DVD, il s'agissait d'un concert du groupe allemand Rammstein. Leur mise en scène était assez spectaculaire, et surtout, le décor était très impressionnant, ainsi que leurs costumes. Une seule couleur dominait, le gris métallisé, un amas de tuyaux de de machines sans sens servait de décor, la foule semblait bercée par une musique qui n'avait rien de reposant. J'ai tout de suite pensé à une industrie de métallurgie. C'est à ce moment qu'à commencé à germer mon idée.
La scène reproduisait, dans son imagerie, et dans les sonorités de sa musique la vie d'ouvriers. J'avais l'impression de voir dans les musiciens des ouvriers utilisant leurs outils de travail pour faire de la musique. Tout y était, les flammes sporadiques, les étincelles, la voix guturale du chanteur. C'est à ce moment que j'ai compris pourquoi la musique de Rammstein s'appelait du métal indus. Par extension, le métal serait une tentative de mettre en musique la réalité de milliers d'ouvriers travaillant à l'usine. La musique est le reflet du monde, donne une harmonie au monde sonore qui nous entoure, par conséquent, la musique classique semble à certain égards proches de la nature car à l'époque où elle était florissante, prédominante dans la vie des gens. Et a l'heure actuelle, la nature n'est plus notre environnement premier, il est logique que la musique produite s'en ressente. Le métal est certes bruyant, mais notre univers l'est tout autant. Le métal est une entative d'harmonisation du chaos ambiant.
Pour le rap, c'est différent, je ne pense pas que ce soit les sons environnants qui influencent les sonorités de cette musique. Plus la vie. Les prods de rap sont excessivement répétitives, pour ma part, difficilement supportables prises seules, les mélodies sont très brèves et reviennent tout au long d'un morceau, le beat (la batterie) n'arrange rien, et la manière qu'ont les rappeurs de scander leurs paroles ajoutent encore à l'effet répétitif.
Mais, je pense qu'il faut aussi regarder comment se passe la vie dans les banlieues, n'est-ce pas répétitif de devoir aller chaque matin dans une boîte d'intérim où au pôle emploi pour apprendre qu'il n'y a pas de taf, puis zoner en bas des immeubles pour le reste de la journée avant de recommencer le lendemain, et recommencer, et recommencer, et recommencer, et recommencer, encore et encore et encore et encore... Le rap ne serait que la pâle reflet de ce qui se passe en banlieue, les jours se répétant à l'infini, sans espoir.
Le morceau "demain, c'est loin" du groupe IAM dure 9 minutes, le beat est très fort et la mélodie est mise en sourdine. 9 minutes de texte, qui prennent 3 pages du livret. C'est long, répétitif, le seule changement est celui du rappeur qui passe de Shuriken à Akhénaton. Le texte parle du quotidien, c'est vraiment très long, mais il possède une grande force évocatice, et le titre, ainsi que la dernière phrase du morceau en est un bon résumé: "je pense pas à demain, parce que demain c'est loin" signifiant que le quotidien est tellement pesant qu'il annule l'avenir pour les habitants de banlieue, la routine tue l'avenir.
Il n'y a par conséquent aucune raison de cracher sur ces styles de musiques, qui ne font que reproduire la vie de l'homme moderne, une vie répétitive, et incroyablement bruyante, vie Ô combien éloignée de la terre nouricière. C'est une réalité, et cracher sur la réalité est inutile, et cracher sur un art qui, lui n'est que le reflet de cette réalité est un geste à la fois stupide et bête.
personnes, à savoir surtout le rap et le métal.
Il y a plusieurs façons de répondre à cette question. Assumer totalement en s'apprêtant à se lancer dans un débat perdu d'avance, visant à légitimer ces deux genres de musique, lutte verbale perdue d'avance car les péjugés sont tenaces. Il est aussi possible de camoufler ses goûts musicaux répréhensibles par l'opinion publique en citant des chanteurs acceptés par tout la foule. Le jugement des interlocuteur est alors favorable, mais basé sur un mensonge. Dernière solution, éluder très vite le sujet en se montrant le plus évasif possible, pour ne pas avoir à se justifier.
C'est souvent ma position (lâche, je vous l'accorde), dernièrement encore, à cette question, j'ai répondu: du bruit. Un terme assez vague pour englober n'importe quoi, mais assez précis pour qualifier les deux genres que je viens de citer. cependant, Victor Hugo n'a-t-il pas dit: la musique, c'est du bruit qui a une âme. Une définition que je trouve infiniment juste. Seulement, dire qu'on écoute du bruit conforte les préjugés défavorables à l'égard de certaines musiques, qui gardent souvent cette image de bruit plus que de véritable musique.
Les deux genres, rap et métal, s'accusent l'un et l'autre de n'être que du bruit: les rappeurs ne savent pas chanter, il n'y a pas de mélodie. Les métalleux ne font que beugler et sont assourdissants. Les préjugés restent puissants: les rappeurs sont des racailles qui crament des voitures, les métalleux sont des satanistes que sacrifient des poulets. Donc, quelqu'un qui écouterais sans distinction les deux genres serait une racaille sataniste qui sacrifie des voitures. Belle image!
Ecoutant les deux, j'endosse le double rôle de méchant, alors que je ne m'adonne à aucune de ces activités blâmable par la loi, et si l'on gratte un minimum, les chanteurs que j'écoute ne le font pas non plus.
En réalité, j'ai le sentiment que ces deux genres de musique sont les plus représentatifs de notre quotidien, de notre société. J'ai regardé dernièrement un DVD, il s'agissait d'un concert du groupe allemand Rammstein. Leur mise en scène était assez spectaculaire, et surtout, le décor était très impressionnant, ainsi que leurs costumes. Une seule couleur dominait, le gris métallisé, un amas de tuyaux de de machines sans sens servait de décor, la foule semblait bercée par une musique qui n'avait rien de reposant. J'ai tout de suite pensé à une industrie de métallurgie. C'est à ce moment qu'à commencé à germer mon idée.
La scène reproduisait, dans son imagerie, et dans les sonorités de sa musique la vie d'ouvriers. J'avais l'impression de voir dans les musiciens des ouvriers utilisant leurs outils de travail pour faire de la musique. Tout y était, les flammes sporadiques, les étincelles, la voix guturale du chanteur. C'est à ce moment que j'ai compris pourquoi la musique de Rammstein s'appelait du métal indus. Par extension, le métal serait une tentative de mettre en musique la réalité de milliers d'ouvriers travaillant à l'usine. La musique est le reflet du monde, donne une harmonie au monde sonore qui nous entoure, par conséquent, la musique classique semble à certain égards proches de la nature car à l'époque où elle était florissante, prédominante dans la vie des gens. Et a l'heure actuelle, la nature n'est plus notre environnement premier, il est logique que la musique produite s'en ressente. Le métal est certes bruyant, mais notre univers l'est tout autant. Le métal est une entative d'harmonisation du chaos ambiant.
Pour le rap, c'est différent, je ne pense pas que ce soit les sons environnants qui influencent les sonorités de cette musique. Plus la vie. Les prods de rap sont excessivement répétitives, pour ma part, difficilement supportables prises seules, les mélodies sont très brèves et reviennent tout au long d'un morceau, le beat (la batterie) n'arrange rien, et la manière qu'ont les rappeurs de scander leurs paroles ajoutent encore à l'effet répétitif.
Mais, je pense qu'il faut aussi regarder comment se passe la vie dans les banlieues, n'est-ce pas répétitif de devoir aller chaque matin dans une boîte d'intérim où au pôle emploi pour apprendre qu'il n'y a pas de taf, puis zoner en bas des immeubles pour le reste de la journée avant de recommencer le lendemain, et recommencer, et recommencer, et recommencer, et recommencer, encore et encore et encore et encore... Le rap ne serait que la pâle reflet de ce qui se passe en banlieue, les jours se répétant à l'infini, sans espoir.
Le morceau "demain, c'est loin" du groupe IAM dure 9 minutes, le beat est très fort et la mélodie est mise en sourdine. 9 minutes de texte, qui prennent 3 pages du livret. C'est long, répétitif, le seule changement est celui du rappeur qui passe de Shuriken à Akhénaton. Le texte parle du quotidien, c'est vraiment très long, mais il possède une grande force évocatice, et le titre, ainsi que la dernière phrase du morceau en est un bon résumé: "je pense pas à demain, parce que demain c'est loin" signifiant que le quotidien est tellement pesant qu'il annule l'avenir pour les habitants de banlieue, la routine tue l'avenir.
Il n'y a par conséquent aucune raison de cracher sur ces styles de musiques, qui ne font que reproduire la vie de l'homme moderne, une vie répétitive, et incroyablement bruyante, vie Ô combien éloignée de la terre nouricière. C'est une réalité, et cracher sur la réalité est inutile, et cracher sur un art qui, lui n'est que le reflet de cette réalité est un geste à la fois stupide et bête.