discrimination anti-alien

discrimination anti-alien
Dans les films de science-fiction (et les romans) qui narrent des arrivées d'extraterrestres sur notre planète on leurs attribuent tout le temps des desseins belliqueux. Pour des raisons ignorées, les petits hommes verts sont tous pris de rages quand ils voient la lanète bleu, et ils désirent fortement la réduire en poussière stellaire. Un peu, voyez-vous, comme un taureau qui voit un chiffon rouge qu'un travelo endimanché secoue sous son nez. Ces extraterrestres, incroyablement plus intelligents que nous (ce doit être là la raison pour laquelle ils désirent nous matraquer la gueule, pour nous apprendre à vivre), mais surtout bien mieux armés, une simple pression sur une de leurs gachettes suffit à faire s'efondrer les deux tours du world trade center, en voyant ça, j'imagine d'ailleurs que le barbu Laden doit avoir la haine, lui, il lui a fallut détourner quatres avions pour un résultat similaire.

Les aliens guerriers se posent en premier dans les rues de New York, ou de Washington, ou quelque autre ville importante des Etats-Unis. Ce pays, il est vrai, est le berceau du bigmac et du coca, et l'IMC de chacun de ses états avoisine le PIB du pérou, mais à part cette particularité, il n'a rien d'exceptionnel. A l'exception du grand canyon et de la statue de la Liberté, il n'y a en cette contrée aucun grand attrait, cependant, dans chaque film, les extraterrestres arrivent par milliers. Comment-cela se fait-ce? Les USA auraient-ils vocation à accueillir tout les immigrés galactiques de l'univers?

Les extraterrestres sont dans tout ces films présentés comme des américanophiles bagarreurs, donc bêtes et méchants. Les humains ont eux le beau rôle vu qu'ils sont attaqués, et surtout vu qu'ils gagnent la guerre malgré les lances pierres défectueux qu'ils brandissent face aux désintégrateurs de matière. A ce cliché, s'opposent les extraterrestres du film "district 9". Premièrement, ils choisissent une destination totalement différente (à l'exception d'un sérieux point commun que j'exposerais plus tard) des stèïtss, il préfèrent à ce pays trop souvent surrestimé l'Afrique du Sud, avec ses plages, ses soleils, ses traditions. Ce détail est d'ailleurs précisé à l'ouverture du film, exposé comme un trophé de la part du réalisateur: "regardez, j'ai réussi à ne pas envoyer mes extraterrestres à Chicago, youhouhou!" Je ne peux que l'en féliciter, imaginant la quantité d'efforts pour changer la destination de touristes interplanétaires.

En outre, et cela est le plus étonnant, les extraterrestres ne sont pas méchants! Mais laissez moi résumer plus en détail. Donc, au dessus de Johannesbourg apparaît un jour une gros engin sombre duquel sortent des bestioles pibèdes aux allures insectoïdes. Elles n'ont pas d'armes, et commencent à déambuler dans les rues de la ville et ses environs. Jusque là, tout va bien. Sauf que les deux peuples cohabitent mal en raison des différences inhérentes aux espèces. Le gouvernement décide alors, pour pallier aux problèmes et éviter tout les problèmes de violences venant (forcément) de la part des aliens. Motivés par la peur, les humains créent un camp où vivraient les insectoïdes. La zone, appelée le district 9 ressemble plus à un dépotoire et à un bidonville qu'à un camp de vacances. Ce détail rappelant du même coup l'histoire de conflit interracial ensanglantant à la fois les Etats-Unis d'Amérique, et l'Afrique du Sud qui développèrent de violentes logiques de ségrégation.

Le district est mis sous la responsabilité d'un organisme qui n'a d'autre ambition que de s'approprier les technologies d'armement des nouveaux venus, sans doutes, ai-je supposé, voulaient-ils ces armes pour améliorer nos moyens d'éclairer l'intérieurs des cabinets sans dépenser trop d'argent. Malheureusement, les armes ne fonctionnent qu'utilisées par les immigrants, et restent inactives dans les bras des humains. Voyant qu'ils ne font aucun efforts, les responsables de la société se détournent des aliens, les laissant à leur sort misérable. La branche de l'organisme qui gère le secteur est mise sous la responsabilité d'un crétin bureaucrate. Vous savez, ce genre d'idiot qui tente en vain de cacher son manque congénital de cervelle en se cachant derrière un règlement aussi stupide, sinon plus que lui.

Alors qu'il cherche à déloger tout les habitants pour les reloger dans des bouibouis encore plus petits, le gars tombe sur une petite bombonne qui lui crache dessus un produit noirâtre à l'aspect répugnant. Ce produit a pour effet d'engager une mutation génétique qui transforme le type en extraterrestre. Il est transporté dans un centre où les humains s'amusent à disséquer des aliens, et sa nouvelle capacité lui permettant d'utiliser les armes extraterrestres est examinée sous toute les coutures. Les "scientifiques", tous autant de copies conformes du Doktor Mengele, piétinant l'éthique médicale et le serment d'Hippocrate obligent même le pauvre gars à tuer des aliens (simplement pou le plaisir de voir les armes marcher).

Après s'être évadé du centre, le type retourne au district et se lie d'amitié à l'un des marsiens. Seulement, il est poursuivi par l'armée autant que par des groupes tribaux qui cherchent à le dévorer pour avoir ses "pouvoirs". Je ne vous raconte pas la fin, car ce film mérite d'être vu.

District 9 nous pose, comme tout les films de science-fiction, des questions sur nous même. Des questions graves en l'occurence. La première étant: comment se fait-il que les aliens repoussants soient plus humains que les hommes eux-mêmes. Si les "crevettes" ont un aspect repoussant, le spectateur comprend très vite que les guerriers sont et resteront les humains. Il n'y a pas de mauvais aliens dans ce film (personne n'a mangé d'ail), seulement de mauvais humains qui foulent du pied les règles d'hospitalité les plus élémentaires. Vu la puissance destructrice des armes, il est évident que s'ils avaient voulu se défendre, les ET l'auraient fait depuis très longtemps, mais non, ils se résignent à leur condition sans faire d'histoire, tiraillés entre les organismes officiels et les gangs criminels.

Ce film est un film qui vous fera haïr le genre humain, j'ai eu à certaines images le violent désir de tuer mon voisin de siège parce qu'il appartenait à l'espèce de ces êtres stupides et méchants que je voyais à l'écran. La mise en scène qui est un mélange de caméra embarquée et de reportage télé rend d'autant plus réel l'horreur du comportement humain. C'est un film de science-fiction réaliste et infiniment plus plausible que independance day qui montre tout les hommes de la planète unis contre l'ennemi de l'espace.

Je vous pose d'ailleurs la question, que ferions nous si nous étions visités par une soucoupe volant amicale?

# Posté le lundi 21 septembre 2009 14:05

guerre de génération

Je me suis longtemps interrogé sur le comportement étonnnant de la génération précédente, sur la philosophie qui imprègne nos parents. Il est indéniable que l'a grande majorité d'entre-eux est perclue d'optimisme, un positivisme forcené les laissant croire que tout peut s'arranger. En opposition, ceux de mon âge s'embourbent souvent dans un pessimisme très proche du nihilisme. Au sourire plein d'espoir de nos géniteurs, nous répondons par une mine sombre et glacée. Pourquoi donc?

Je discutais recemment avec un de ces béni-oui-oui, et cherchait à découvrir la cause de cette bonne humeur quotidienne qui ne collait pas avec l'aspect ô combien déprimant de ce monde. Je lui demandai quel avait été l'oeuvre artistique qui l'avait marqué ors de sa jeunesse, car en effet, toute oeuvre artistique est le reflet de son temps, mais pas seulement, elle imprime aussi sur ses contemporains une certaine image du monde. Ce mécanisme complexe pouvait m'aider à comprendre.

Il me parla alors de 2001: l'odyssée de l'espace. Film de science-fiction de Stanley Kubrick. Le début a lieu lors de la préhistoire, nos ancêtres vaquent à leurs occupations, jusqu'à ce qu'ils découvrent une dalle noire dressée dans le désert. Après cette découverte, l'un de ces primates a l'idée d'utiliser un os pour cogner sur tout ce qui bouge, c'est l'invention de l'outil, qui fit de l'animal un homme. Puis, petit saut dans le temps, en 2001. Des hommes explorent la lune, et y découvrent une dalle identique. Ces dalles sont en réalité les moteurs de l'évolution chez l'homme. Projeté en 1968, l'année de la grève étudiante, ce film révèle un optimisme forcené qu'eurent les hippies à fleur, ils croyaient en une évolution possible, la paix, et tout le tralala. En parallèle, il faut dire que ces jeunots étaient nés juste après la seconde guerre mondiale, et ils grandirent en même temps que les bienfaits d'une politique d'après guerre. Certes, les chars russes menaçaient, mais les Etats-Unis avaient aidé à la reconstruction, le chômage n'existait pas dans le dictionnaire, la croissance était immense, les hommes s'apprêtaient à faire leurs premiers pas sur la lune. Que de bonnes raisons d'avoir de l'espoir, et de croire en ce monde.

Comparant cette situation avec la mienne, je voyais à quel point tout était différent. Artistiquement parlant, le premier film qui m'avait marqué était matrix. Film emprunt d'une philosophie très sombre, dans lequel les humains sont soumis aux machines, qui leurs projettent dans le cerveau des images d'un monde virtuel. L'humanité est condamnée à vivre dans ce rêve comateux, cet esclavage qui ne s'intéresse pas à la force de leur muscle, mais, et c'est bien pire, à l'énergie produite par leur corps. Tous ces hommes et femmes sont enfermés dans des capsules placentiques, et leur corps à relié aux machines par de nombreuses perfusions visant soit à les nourrir, soit à pomper leur énergie. Le film sortit dans les salles obscures à la veille du 21e siècle, à l'époque, les télévisions voulaient nous vendre la peur du Bug de l'An 2000. En outre, la situation sociale n'était pas (et n'est toujours pas) au beau fixe, chômage, néolibéralisme triomphant qui étirait partout ses tentacules et avait depuis longtemps transformé les citoyens responsables dotés d'une conscience politique en simples consommateurs obéissants abreuvés de publicités télévisuelles

Le point commun entre ces films est que chacun d'eux présentent l'avenir, radieux pour 2001 avec la conquête de l'espace, et l'évolution de l'homme; mais très nébuleux pour Matrix qui est sensé se passer vers 2199. Deux visions du monde qui s'opposent, deux produits de deux sociétés, de deux générations qui ne se comprennent pas. Pourtant, si les films différents, ils peuvent être rapprochés.

Il est en effet question de l'homme qui cherche à acquérir son indépendance par rapport à la machine. Dans le premier film, la machine est représentée comme étant l'outil (l'os du début), mais qui prend de plus en plus de place dans la vie des hommes, et c'est alors que l'un des cosmonautes (surassisté, voire infantilisé par un ordinateur) décide de débrancher le circuit, et c'est grâce à ce geste qu'il entre sur un nouveau plan de conscience et qu'il évolue. Les personnages dans Matrix cherchent eux aussi à s'émanciper des mécaniques, mais ils doivent faire plus d'efforts car ces dernières les ont réduit à un état bien pire, il n'est pas question d'infantilisation, mais de foetisation (tout les humains sont enfermés dans des poches aux allures de placenta), de réification car ils sont en réalité des piles pour les machines. Le film raconte l'émancipation de l'un de ces hommes (comme ce fut le cas pour 2001), il est extrait de l'univers virtuel créé par les machines pour garder l'humain en son pouvoir, et atterri dans un monde dévasté par la toute puissance des robots, où l'homme doit se cacher pour survivre.

Le film matrix me marqua profondément et fut pour moi ce qui marqua mon passage de l'enfance à l'adolescence, mais, pour ne rien arranger, tout au long de cette période, j'ai écouté beaucoup de rap, avec une préférence pour les chansons extrèmement pessimistes, qui décrivent un monde pourri jusqu'à la moelle, un monde dans lequel nous sommes obligés de vivre, entre pollution, politiciens malhonnètes, vie précaire, grisaille des banlieues, etc. Là encore, cette forme d'art est le produit de notre société, et là encore, cet art décrit notre société, et par un effet de miroir, une part de la société cherche à s'identifier dans cet art. Un cercle vicieux dans lequel nous sommes prisonniers. La nuit n'en finissait pas, après les nuages noirs dans le ciel de matrix, voici les rappeurs qui posent à la lueur blafarde d'un lambadaire, ou éclairés par les néons d'un garage désert. Les tons restaient froids et sombres, déteignants sur mon âme leur encre indélébile.

Et vous, si vous me disiez quels oeuvres artistiques vous ont le plus profondément marqué (autant cinématographique que littéraire ou musical) accompagné de votre date de naissance, ainsi que des qualificatifs pessimiste et optimiste qui correspondraient le plus à votre état d'esprit général, histoire que je puisse enrichir ma théorie? J'attend vos réponses!

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 05:57

un marchandeur sachant marchander chez son marchand...

un marchandeur sachant marchander chez son marchand...
Le bilan de ces vacances fut assez bon, si j'exclue la recherche de travail, sujet qui florit dans les derniers articles de ce blog, et dont la conclusion fut faite par quelqu'un: il faut que je soit prêt à faire 100 bornes pour un job d'été. Oui, il a raison ce brave homme, gagner de l'argent et tout redépenser dans l'achat de l'essence et l'entretien de la voiture. C'est si logique! Malgré cette leçon de morale partant d'une formidable intension, je n'eut pas à me plaindre, notamment grâce à un jeu dont je vous reproduit ici une des scènes cultes:

"-Je t'échange ta rue de la paix contre le boulevard malesherbes.
-Ca va pas la tête, je la vend 61 000 francs!
-Bon, d'accord, je te donne mes trois bleus contre la rue de la paix.
-Ca ne les vaut pas, mais par contre, je veux viens te donner la rue de la paix si tu me donne les champs élysées et toutes tes gares.
-Heu, pas les gares, mais je te donne les services publics, le boulevard des capucines, et la place de la bourse, comme ça, tu peux construire des maisons sur ET les verts, ET les jaunes, vu que déjà tu as trois hôtels sur les oranges.
-Ouais, mais toi, avec toutes tes gares, tu gagne beaucoup, et tu peux aussi mettre des maisons sur les roses.
-Je suis trop pauvre, tu pique tout mes sous, j'ai été obligé d'hypothéquer mes violets.
-Tant pis pour toi, le marché tiens pas."

Ha, quel phénoménal jeu que le monopoly, palper des millions de pognon, plumer ses adversaire, mettre des hôtels et des maisons pour se faire un max de thune, et surtout, surtout, échanger avec les autres propriétaires. Les échanges, ainsi que les enchères sont les plus passionnantes, demandent du doigté, il faut avoir un ascendant psychologique sur l'adversaire, le dominer pour qu'il accepte de plier sans remarquer la somme exhorbitante que vous tentez de lui soutirer. Subtil mélange entre manipulation et suprématie de l'être faible et sans défense qui se trouve devant vous. Cet imbécile qui comme par hasard possède tout les terrains que vous désirez, mais qui aura la bonté de vous en faire don, après tout, n'êtes vous pas le maître, et n'est-il pas l'esclave?

Le marchandage, voilà une valeur qu'on ne retrouve plus que dans les jeux de société et dans les souks des pays du maghreb (pays dans lesquels je me refuse de séjourner, compte tenu des trop fortes chaleurs, et du manque affligeant de porc dans la cuisine). Le concept du marchandage est très simple, le commerçant commence par un prix exhorbitant et, cela va sans dire, prohibitif, somme qui lui permettrait de partir en vacances pour trois mois; alors que son client n'a, et, chacun des deux protagonistes le sait, pas un rond, vu qu'il vient de faire banqueroute en ayant acheté des actions douteuses proposées par Madoff. Le client doit alors annoncer une somme bien inférieure à ce qu'il a dans ses bourses. C'est à partir de ces deux prix si différents que le jeu commence. Le client monte lentement, et le marchand descend lentement, jusqu'à un accord ou l'abandon de l'un des deux partis.

Seulement, cette fort enthousiasmante tradition s'est éteinte, tuée, à mon avis par l'apparition de la grande distribution. Le marchand continue de présenter ses prix exhorbitants, mais le client, abruti par la télévision et son boulot a la chaîne n'a plus le courage de refuser, il courbe un peu plus l'échine à chaque caddy (R) qu'il pousse, assouvit par un système qui l'exploite tel un vampire qui lui suce le fric sans remord aucun. Je l'affirme ici, le pouvoir d'achat est mort depuis que le marchandage l'est. Partout des prix tous plus ahurissants nous sont imposés, et nous ne pouvons plus rien faire dans ce monde mécanisé à outrance.

En effet, est-il possible de parlementer avec une machine? Niet, que nenni. Car il est impossible d'avoir son ascendant psychologique sur une machine. Cette dernière ne comprend que quand on lui dit oui ou non, 0 ou 1. C'est pour cette raison que si j'aime beaucoup le monopoly, je déteste le jeu informatique qui en est tiré, la machine propose des sommes et n'en dévie pas, elle est une imbécile qui ne change pas d'avis. Toutes les machines le sont.

Et ce reflet glacé d'imbécilité électronique se retrouve dans l'oeil de la caissière qui, derrière son faux sourire de synthèse a bien du mal à cacher les rouages stupides de sa cervelle de taule. Cet automate cybernétique branché à son inséparable appendice à tapis roulant a depuis longtemps perdu toutes ses capacités de chaleur, les a vendu pour acquérir à la place une faculté de calcul phénoménale. Et vivement que tous ces appareils seront remplacés par d'autres au design moins avantageux, mais au physique plus proche du robot type. Les copies lacunaires d'humains disparaîtront ainsi, laissant la place à des soeurs de métal pure.

Il est en réalité impossible de marchander avec une caissière, qui n'est que soumise aux ordres des bip des codes barres et ne sait même pas jouir quand on insère une carte bleue dans la fente. J'ai tenté de le faire une fois, et je me suis fait rembarré comme ce n'était pas permis, en même temps, quoi de plus logique? Une dictature remet toujours en place les hommes qui cherchent à se libérer de leurs chaînes. Mais je n'avais pas encore réalisé que la caissière n'était rien, un simple ustensile qui se meut sous les ordres de son directeur. Peut-être faut-il aller voir le directeur pour marchander, faut-il se présenter devant lui avec son charriot et proposer un prix? Tenter de l'amadouer en parlant de la piètre qualité de ses produits, de ma fidélité (toute relative) au magasin, de la misère de ma famille? Mon défaitisme chronique me fait penser qu'il refuserait tout autant que la caissière, n'étant plus homme non plus, sa position n'en faisant qu'un gros ordinateur gérant les caissières.

Pourtant, je veux marchander, je veux récupérer moi-même mon pouvoir d'achat, les hommes politiques de mon pays (pourtant choisis pour leur compétence hors du commun) ne sont pas capables de réguler eux-mêmes. Peut-être que cette année, il serait possible de négocier ses notes à la fac, justifier une hausse de note significative par la qualité incomparable du stylo qui fut très usé lors de la rédaction, par le claquage de cerveau subie lors d'une réflexion trop approfondie, par les immondes blocages qui empêchèrent toute concentration, par la vue du ministre de l'enseignement bêlant des âneries dans l'étrange lucarne. Quoi d'autre? Mais mon pessimisme est grand, je doute d'y réussir là encore.

Peut-être pourrais-je cependant réhabiliter cette coutume au sein de la famille:
-je te passe la télécommande si tu me donnes le sel.
-Je baisse la musique si tu me donne le droit de regarder ce que je veux à la télé pour les trois jours à venir.
-...
Pourquoi pas?

# Posté le mardi 01 septembre 2009 12:39

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 12:04

la bourse aux emplois

Si il y a quelque chose que j'ai retenu en cours de sciences économiques et sociales de seconde (c'était il y a quand même 6 ans!, ce qui prouve, par a + b que j'ai une mémoire phénoménale), c'est que ce ne sont pas les patrons qui commandent. En effet, mon moustachu de prof avait affirmé avec autant d'entrain que s'il avait déclaré que deux et deux font 4, ce qui est, je l'affirme aux lecteurs qui ne seraient pas très matheux, ou ceux qui ont trop lu le roman 1984, est la plus importante vérité arithmétique qui soit, que c'étaient les travailleurs qui proposaient leur service, et non les employeurs qui proposaient du travail. Les demandeurs d'emplois n'en sont donc pas, selon ledit professeur d'économie.

Plus tard dans ma vie (oui, je suis très vieux), quand j'ai commencé à faire des démarches vers de multiples patrons, et j'ai remarqué que la pratique s'opposait totalement à la théorie. En effet, je n'ai croisé aucun responsable du personnel à quatre pattes en train de me lécher les pieds pour que je daigne accepter de fournir le moindre effort dans sa boîte. Bien au contraire, c'était moi qui me trouvait dans la position du suppliant:

"-S'il vous plait, acceptez mes services, aussi humbles soient-ils. Cela fait trois ans que je ne lèche que le béton pour me nourrir. Mon père a quitté ma mère deux ans avant ma naissance, ma mère, elle est mort de chagrin à l'âge de 97 ans, alors qu'elle ne me portait que depuis un mois. Ma petite soeur a un cancer des chaussettes, mon autre soeur s'est pendue et noyée dans un accident de voiture."

Mes suppliques n'y firent rien. Les patrons me rejetaient les uns après les autres du revers de main, aucunement touchés par mon passé dramatique. D'où ma constatation, je dépendais des DRH, tandis que eux s'en foutent de ma tronche. Les enseignements du professeur aux moustaches jaunies par l'abus de cigarillos ne valait rien face à la réalité. Pourtant, j'aimerais croire qu'il a raison.

Le soucis, c'est à mon avis qu'il y a trop de chômeurs, trop de monde à se proposer, donc, les employeurs font la fine bouche. Un peu comme si on avait trop à manger, qu'on mangeait tout le temps, vers la fin, on en aurait marre, avec la nourriture si abondante dans le bide qu'elle nous titille violemment la luette. Et que en plus, il y aurait encore des hectares et des hectares de rayons à ingurgiter. Je ne doute pas que dans cette situation, nous ferions tous la fine bouche, préférant une cuillérée de caviar à une pelletée d'hamburger à trois étages. Quoi de plus normal?

Seulement, cette position contre nature des employeurs est mauvaise, ils ont volé le pouvoir aux travaillers, et il faut le leur reprendre, les remettre à leur place. D'où mon idée de réforme (oui, vous allez dire, encore une idée fantastique, mais ne vous impatientez pas, je vais vous la livrer de ce pas).

Actuellement, c'est à ceux qui proposent leurs services de faire toutes les démarches, chercher dans les petites annonces, dans le kafkaïen pôle emploi, c'est à eux de se rendre chez l'employeur, à eux de justifier leur choix, et caetera. Comment, dans cette situation dégonfler l'égo surdimensionné des directeurs des ressources humaines? En inversant la donne. En faisant que ce soit aux entreprises de chercher les personnes adéquates, et que ce soit à elles de faire les démarches vers ceux qui offrent gracieusement leurs services. Les informations se mettraient jour régulièrement, suivant les différents postes et formations suivis par les citoyens.

Je propose donc que les futurs employés s'enregistrent sur un registre et expliquant toutes leurs qualités, qualification, diplômes, disponibilité, bref, en se présentant une fois. Puis, ce serait aux responsables du personnel de chercher sur le registre le profil leur convenant le mieux, à l'aide de moteurs de recherche puissants. Ils pourraient chercher par diplôme, compétences, et bien d'autres critères (les critères physiques étant inconnus, bien évidemment, il est hors de question de favoriser la discrimination physique à travers cet outil formidable, seules les qualités professionnelles des personnes seraient prises en compte,ce qui est on ne peut plus logique).

A ceux qui disent que le dispositif est impossible à mettre en place, je répondrais tout simplement que ce ne serait qu'un substitut de l'ANPE, si l'ANPE est possible alors mon fantastique système est tout aussi possible, surtout grâce à l'internet. Il aurait des avantages considérables pour les entreprises, elles ne seraient plus obligées d'attendre de futurs employés qui ne viennent pas, et n'auraient pas à se charger les bras de piles de CV inutiles alors qu'il n'y a aucun poste à pourvoir. Ces deux égarement du système actuel seraient supprimées, un petit tour sur le catalogue, et hop, la bonne personne trouvée. Les avantages sont les mêmes chez ceux qui proposent leur travail, pas besoin de tuer quatre fois la forêt de l'Himalaya en imprimant des CV superfétatoires qui finiront au pilon.

En outre, à ma brillante réforme, s'ajouterait une part d'éducation. Je constate en effet avec un désarroi immense qu'une fois diplômés, les élèves sont jetés dans la nature du monde du travail, sans même savoir ce qu'il faut faire pour dénicher un job. Certes, il exite des livres théoriques très chiants qui donnent plus envie de se planter en pratiquant que de comprendre sur le bout des doigts la théorie. D'ailleurs, le savant hirsute Einstein a affirmé que la théorie c'était quand ça marchait pas mais qu'on savait pourquoi, alors que la pratique, c'est quand ça marche mais qu'on sait pas pourquoi. Il faut ici affirmer que la recherche d'emploie lie un peu les deux, théorie et pratique: ça marche pas, et on ne sait pas pourquoi.

Je propose donc qu'en cours de terminal, les élèves aient un certain nombre d'heures hebdomadaires sur le monde du travail, ils apprendraient durant le cours la diversité du monde du travail, les méthodes pour en trouver, et tout ce qu'il faut savoir. L'enseignement serait d'ailleurs obligatoire, bien entendu. Au niveau de l'université, et des formations professionalisantes, il faudrait soit que la filière s'ouvre véritablement au monde du travail, histoire que l'étudiant devienne employé dès qu'il sort de sa fac, soit qu'un cours soit dispensé sur la recherche de travail dans le secteur, un cours extrêmement approfondi décortiquant toutes les arcanes du secteur d'emploi.

Voilà, c'est ma réforme... en attendant que le président tombe dessus, je vous dit bon vent. (je vous donnerais des nouvelles à ce sujet)
la bourse aux emplois

# Posté le dimanche 30 août 2009 11:20

crise: a + 1

crise: a + 1
C'était il y a un an, les banques se cassaient la gueule, les traders crevaient sous le poids des chiffres précédés par de petits signes négatifs, les grandes places financières branlaient sous la secousse. Oui, c'était la crise, chaque jours, des nombres terrifiants volaient au dessus de nos tête, si haut, laissant des traces dans le ciel comme autant d'avions en flamme. Les journalistes nous annonçaient le pire, et je dois l'avouer, je l'attendait cette armageddon avec une certaine forme d'impatience. Les reportages dans les journaux faisaient monter en moi une sorte d'excitation, un peu comme si quelqu'un que je déteste construit un château de cartes sous le feu des projecteur, et que tout à coup le vent se met à souffler. Quel sentiment jouissif de pronostiquer la fin du monde de mes parents, de voir leur construction chuter dans un abysse sans fond. Je prenais mon pied en me disant que enfin, nous pourrions construire un monde nouveau, après avoir, bien sûr, pissé sur le tombeau de l'égoïsme de la génération précédente.

J'avais été, au lycée, très marqué par les évènements du dernier siècle, les guerres mondiales avaient quelque chose de fascinant, la montée des fascismes angoissantes, mais surtout, les images de la crise de 29. Des guerres, il y en a eu des centaines sur cette planète, des dictatures surpuissantes aussi. Mais la crise de 29 a quelque chose de totalement inédit, comment la simple bêtise des hommes peut se casser la gueule sans prévenir. Les photos du livre d'histoire étaient impressionnantes, tout comme les anecdotes. Imaginez, les vieilles photos d'un noir et blanc sale montrant des gens hagards dans les rues d'une ville, ne savant plus à quelle monnaie se vouer, ou alors, des clichés de foules au bord de la révolte. Les anecdotes étaient elles aussi terrifiantes, les citoyens honnêtes obligés de pousser une brouette de billets sans valeur pour acheter un quignon de pain.

Je mis longtemps à comprendre les véritables mécanismes d'une récession, et le côté mystérieux de l'évènement le rendait plus attirant. Seulement, sa compréhension me permis de comprendre avec une acuité inouïe ce qui se passait à l'heure actuelle, avec les subprime, Lehman Brother et tout le reste. Je ne doutais pas d'assister à un nouveau 1929, tout qui se casse la gueule. Tout ces chiffres qui défilaient sur les écrans de télévision ne pouvaient être que la première étape de la Grande Fin. Seulement, ce défilé macabrement grotesque et grotesquement macabre s'évanouit, comme le font tout les sujets de l'actualité. Il était alors question de relance, de G20, d'Obama. Je n'y croyais pas, personne n'y croyait, même si certains préféraient fermer les yeux et suivre ces bonnes augures.

Le sujet s'éteignit peu à peu, remplaçé par d'autres, comme c'est toujours le cas dans les journaux. Je m'étais penché sur le sujet, et le voici qui disparaissait, je me retrouvais comme un absurde Tantale, assoiffé de la mort de ce monde, mais déçu dès que je me rapprochais trop. Certaines revues d'information continuaient à crier au feu, mais leur alarmisme prenait plus a forme d'une figure de style éditoriale pour se démarquer des voisins que d'une véritable conviction journalistique. La Crise n'aura pas lieu, en conclué-je, empli d'une rancoeur nouvelle contre tout cela, contre cette mascarade sordide, contre ces marionnettiste qui m'ont tant fait espéré le déclin du monde actuel.

Pourtant, j'aurais dut me méfier, le coup avait déjà été joué, il n'y a pas dix ans. Si si, souvenez vous, nous étions en 1999, la peur était sur toute les lèvres, et peut-être un espoir. Le fameux bug qui détruirait toutes les machines, tout les réseaux informatique. Un grand reset général, salvateur contre la pieuvre électronique qui contrôlait et sclérosait nos vies. Il était annoncé, et donc attendu ce bug. J'étais jeune à l'époque, et je ne pouvais vraiment réaliser ce qui se passait, je pressentais seulement que ce serait grave. Le gong a sonné, j'étais au lit à dormir. Rien ne s'était produit, un simple saint-sylvestre comme les autres, sans doutes avec une touche d'angoisse lors du célèbre décompte (peut-être un arrière goût de minuteur collé sur le flan d'une bombe atomique.

Il ne reste que des anecdotes de cette fin du monde. Kool Shen en parla dans une chanson, dénonçant l'escroquerie que le fustige ici: "Le bug, ici on l'attendait tous en se disant que si ça pète le premier janvier peut-être qu'on les pendrait tous, malheureusement, c'était une arnaque, un truc de plus puor faire de la thune par plaque". Plus amusant, le shock rocker Manson a raconté avoir attendu l'apocalypse avec impatience, accompagné de son ami Johnny Depp. Dépités et contrariés de voir que rien ne s'était passé à minuit une, ils noyèrent leur chagrin dans de l'absinthe, pour oublier cette débâcle, oublier cette fin du monde qui nous a foutu a tous un lapin gigantesque.

Je crois d'ailleurs que je vais à mon tour verser cet alcool à 66 degrés. Mon désarroi fut immense quand l'appris que la récession n'avait de crise que le nom. Cela dit, j'avais ces derniers temps un certain pressentiment au sujet de cette nouvelle fin du monde. Mais, je dois dire que je dois mon désenchantement à un ami. Je lui parlais alors avec exaltation de la crise, il me répondit par ces simples paroles: "Pour moi, le seul signe de crise c'est que mes camarades ont un peu galéré pour trouver des stages" Il avait raison, à part ce qu'on en voit à la télé, il n'y a aucun signe de crise. Le chômage? Il y en a depuis de nombreuses années! Les prix chers qui augmentent? Depuis le passage à l'euros les prix sont arrondis au supérieur. A l'exception de mon impatience de voir des flammes ravager wall street, il n'y avait rien.

Il n'y a en réalité qu'un seul signe tangible de l'existence d'une quelconque crise. Enfin, si, il y en a bien un, mais il reste discret, malgré sa violence. Je ne sais pas si je suis le seul à l'avoir constaté, mais les murs immaculés des villes se couvrent de phrases rouges ou noires, selon l'utopie politique du rédacteur. Des phrases de révolte, des appels au meurtre, des question pour que la foule prenne conscience de ce qui se passe. Mais les destinataires ne lèvent pas les yeux, restent les épaules accablées par des lustres d'esclavage, de désenchantement et d'échecs. Moi, je les vois, ces phrases, m'en imprègne. Elles possèdent la force de la rage, un énergie presque désespérée et pourtant puisante. Tout ces cris, ces interrogations me sautent aux yeux, je souhaite même en lire à chaque coin de rue!

Voici la fin du monde que je vis. Ses seules balafres sont quelque mots taggés sur les murailles, qui n'attendent que d'être effacé par un employé municipal trop servile, dont la révolte a été soufflée par le génie de notre temps. Que restera-t-il de la crise dans l'avenir, sera-t-elle simplement résumée entre deux encadrés paumés dans une page d'un livre d'histoire jamais ouvert par des élèves, enfants d'une génération désabusée? Je l'ignore, mais c'est au regard de cette fin foirée qu'on se rend compte de la puissance de l'ennemi, qui a la capacité d'étouffer les révoltes pour n'en faire que des marchandises sans valeur. Je rappellerais ici que le Che et mai 68 ne sont devenu que des produits commerciaux, qui ne valent pas mieux que Mc Do ou Bouygues.
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# Posté le vendredi 28 août 2009 11:16