Les aliens guerriers se posent en premier dans les rues de New York, ou de Washington, ou quelque autre ville importante des Etats-Unis. Ce pays, il est vrai, est le berceau du bigmac et du coca, et l'IMC de chacun de ses états avoisine le PIB du pérou, mais à part cette particularité, il n'a rien d'exceptionnel. A l'exception du grand canyon et de la statue de la Liberté, il n'y a en cette contrée aucun grand attrait, cependant, dans chaque film, les extraterrestres arrivent par milliers. Comment-cela se fait-ce? Les USA auraient-ils vocation à accueillir tout les immigrés galactiques de l'univers?
Les extraterrestres sont dans tout ces films présentés comme des américanophiles bagarreurs, donc bêtes et méchants. Les humains ont eux le beau rôle vu qu'ils sont attaqués, et surtout vu qu'ils gagnent la guerre malgré les lances pierres défectueux qu'ils brandissent face aux désintégrateurs de matière. A ce cliché, s'opposent les extraterrestres du film "district 9". Premièrement, ils choisissent une destination totalement différente (à l'exception d'un sérieux point commun que j'exposerais plus tard) des stèïtss, il préfèrent à ce pays trop souvent surrestimé l'Afrique du Sud, avec ses plages, ses soleils, ses traditions. Ce détail est d'ailleurs précisé à l'ouverture du film, exposé comme un trophé de la part du réalisateur: "regardez, j'ai réussi à ne pas envoyer mes extraterrestres à Chicago, youhouhou!" Je ne peux que l'en féliciter, imaginant la quantité d'efforts pour changer la destination de touristes interplanétaires.
En outre, et cela est le plus étonnant, les extraterrestres ne sont pas méchants! Mais laissez moi résumer plus en détail. Donc, au dessus de Johannesbourg apparaît un jour une gros engin sombre duquel sortent des bestioles pibèdes aux allures insectoïdes. Elles n'ont pas d'armes, et commencent à déambuler dans les rues de la ville et ses environs. Jusque là, tout va bien. Sauf que les deux peuples cohabitent mal en raison des différences inhérentes aux espèces. Le gouvernement décide alors, pour pallier aux problèmes et éviter tout les problèmes de violences venant (forcément) de la part des aliens. Motivés par la peur, les humains créent un camp où vivraient les insectoïdes. La zone, appelée le district 9 ressemble plus à un dépotoire et à un bidonville qu'à un camp de vacances. Ce détail rappelant du même coup l'histoire de conflit interracial ensanglantant à la fois les Etats-Unis d'Amérique, et l'Afrique du Sud qui développèrent de violentes logiques de ségrégation.
Le district est mis sous la responsabilité d'un organisme qui n'a d'autre ambition que de s'approprier les technologies d'armement des nouveaux venus, sans doutes, ai-je supposé, voulaient-ils ces armes pour améliorer nos moyens d'éclairer l'intérieurs des cabinets sans dépenser trop d'argent. Malheureusement, les armes ne fonctionnent qu'utilisées par les immigrants, et restent inactives dans les bras des humains. Voyant qu'ils ne font aucun efforts, les responsables de la société se détournent des aliens, les laissant à leur sort misérable. La branche de l'organisme qui gère le secteur est mise sous la responsabilité d'un crétin bureaucrate. Vous savez, ce genre d'idiot qui tente en vain de cacher son manque congénital de cervelle en se cachant derrière un règlement aussi stupide, sinon plus que lui.
Alors qu'il cherche à déloger tout les habitants pour les reloger dans des bouibouis encore plus petits, le gars tombe sur une petite bombonne qui lui crache dessus un produit noirâtre à l'aspect répugnant. Ce produit a pour effet d'engager une mutation génétique qui transforme le type en extraterrestre. Il est transporté dans un centre où les humains s'amusent à disséquer des aliens, et sa nouvelle capacité lui permettant d'utiliser les armes extraterrestres est examinée sous toute les coutures. Les "scientifiques", tous autant de copies conformes du Doktor Mengele, piétinant l'éthique médicale et le serment d'Hippocrate obligent même le pauvre gars à tuer des aliens (simplement pou le plaisir de voir les armes marcher).
Après s'être évadé du centre, le type retourne au district et se lie d'amitié à l'un des marsiens. Seulement, il est poursuivi par l'armée autant que par des groupes tribaux qui cherchent à le dévorer pour avoir ses "pouvoirs". Je ne vous raconte pas la fin, car ce film mérite d'être vu.
District 9 nous pose, comme tout les films de science-fiction, des questions sur nous même. Des questions graves en l'occurence. La première étant: comment se fait-il que les aliens repoussants soient plus humains que les hommes eux-mêmes. Si les "crevettes" ont un aspect repoussant, le spectateur comprend très vite que les guerriers sont et resteront les humains. Il n'y a pas de mauvais aliens dans ce film (personne n'a mangé d'ail), seulement de mauvais humains qui foulent du pied les règles d'hospitalité les plus élémentaires. Vu la puissance destructrice des armes, il est évident que s'ils avaient voulu se défendre, les ET l'auraient fait depuis très longtemps, mais non, ils se résignent à leur condition sans faire d'histoire, tiraillés entre les organismes officiels et les gangs criminels.
Ce film est un film qui vous fera haïr le genre humain, j'ai eu à certaines images le violent désir de tuer mon voisin de siège parce qu'il appartenait à l'espèce de ces êtres stupides et méchants que je voyais à l'écran. La mise en scène qui est un mélange de caméra embarquée et de reportage télé rend d'autant plus réel l'horreur du comportement humain. C'est un film de science-fiction réaliste et infiniment plus plausible que independance day qui montre tout les hommes de la planète unis contre l'ennemi de l'espace.
Je vous pose d'ailleurs la question, que ferions nous si nous étions visités par une soucoupe volant amicale?


