démocratie en direct live!

démocratie en direct live!
Dans les quelques émissions politiques et journaux politiques, j'ai constaté ces derniers temps un fait tout à fait étonnant. La notion de démocratie directe reviens dans la bouche de nombreux analystes. Cette notion, ce serait en gros que les citoyens votent les lois eux-même (directement), et non plus les députés (qui forment la démocratie indirecte, ou représentative). Certes, le sujet revient de temps en temps, et il n'y a rien d'étonnant à cela, chacun cherche toujours un moyens d'améliorer le système politique dans lequel il est, dernièrement, Ségo avait parlé de ce sujet.

Mais le point de vue de ce sujet a changé radicalement, tout comme la façon d'en parler. Au lieu de le prendre en compte comme s'il s'agissait d'une solution possible, la démocratie directe est prise comme une menace antidémocratique des plus violentes et graves. La chose qu'il faut éviter si l'on souhaite mourrir en paix. De nombreux arguments abaissent le vote direct: le coût que ça aurait, le fait que l'opinion est influençable, et tout et tout. La démocratie indirecte serait, elle vertueuse, écologique, plus intelligente car gérée par des pros, etc...

Seulement, une question se pose, pourquoi parler tant de cette forme de gouvernance juste à présent? Et pourquoi lui adjoindre tout les maux possibles? Ma réponse serait par peur.

Dans une démocratie indirecte, le peuple élit ceux qui vont le gouverner, et c'est à ceux-là de décider quelle serait la meilleure solution pour aider la pays. Ce sont des pros de la politiques, ils ont un gros salaire, des places au chaud pendant que les électeurs se trouent le cul à l'usine. Le souci, c'est que souvent ils se croient mieux que tout le monde, et votent ce qui leur plait et non ce qui plairait aux électeurs, qui n'ont aucun moyen de vérifier si leurs représentants font bien leur boulot (à ce qu'il paraît certains d'entre-eux sèchent).

Une démocratie directe serait donc très dangereuse pour les politiques car leurs prérogatives voleraient en éclat (comme celles du Roi, dans le temps jadis), alors ils cherchent des arguments massus comme le coût de l'organisation d'UN référendum (en oubliant que si on fait un référendum par semaine, ce serait moins cher de par le fait que le prix réside dans l'exceptionnalité de l'évènement et non dans le prix de gros), ou encore le coût environnemental avec les papiers (sauf que là encore, des techniques permettent de voter par le net, et donc, pas de papiers à imprimer).

Ils la disent infaisable, mais c'est tout le contraire, la démocratie directe, par le biais de l'outil informatique est totalement possible, et ce serait une révolution de la politiques française, à coupler bien sûr à d'autres mesures comme les amendes aux abstentionnistes, le limite de mandats dans le temps, etc. Bon, je sais, tout le monde n'a pas le net, mais dans ce cas, il faudrait ouvrir des cyberbureaux de vote accessibles par tous. Les suisses utilisent la démocratie directe, pourquoi pas nous? Internet pourra changer des tas de choses, alors pourquoi pas la politique? Tel une seconde renaissance (la presse fut un des facteurs de l'apparition des démocraties), internet a plus d'ampleur que ce qu'on peut imaginer, il marque un tournant sans précédents dans l'histoire, regardez seulement ce blog, sans internet, je n'aurais pas la possibilité de publier cet article (pourtant très intéressant).

Seule réserve, venant de ma part, ce serait que le peuple reste con, et par conséquent, au lieu d'élire les mauvaises personnes, il voterait pour les mauvaises lois. Je sors cet argument très souvent, mais il est caractéristique, si on avait demandé au peuple, la peine de mort aurait toujours existé. Son annulation est surtout une décision politico-politique.

Mes convictions restent anti-démocratiques, mais j'avais juste envie de casser une idée reçue qui se prépare à s'imposer. C'est fait.
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# Posté le lundi 09 novembre 2009 13:56

chaîne de vie

chaîne de vie
De nombreuses personnes, toutes plus anonymes les unes que que les autres oeuvrent dans l'ombre et le bruit, muets et passionnés tel des fourmis à l'action. Accompagnées du meilleur ami de l'homme qu'est la machine, ces inconnus sont presque invisibles, ils ont le geste précis, toute pensée rivée sur leurs actes. Entourés de sons faisant penser à du mauvais hard rock, ils ignorent pour qui ils travaillent exactement, et pourtant ils le font sans relâche. Il est impossible de trouver des gens plus passionnés à la tâche que ceux-là.

Sans doutes prennent-ils un quelconque plaisir dans leurs mouvements répétitifs, debouts, au flans d'une mécanique sans âme qui leur lance des ordres à la figure. Ils obéissent à ses moindres considérations, tentent de se montrer conciliants si leur protégée est boudeuse. Derrière leurs yeux, le vide sidéral. Il n'y a rien, à se demander si ils sont encore des hommes. J'ose imaginer qu'ils sont devenus des pièces vivantes de cet engin abominable. Ils ont peut-être la vie dure, mais ce n'est pas certain. N'auraient-ils pas jeté l'éponge si ils avaient vraiment détesté ce travail? Peuvent-ils réfléchir encore? Sans doutes non, ils sont faibles et serviles. Et c'est exactement ce qu'on leur demande.

Cet été, entre deux chômages, j'ai été à l'usine, dans un de ces entrepôts immenses envahis par des bruits de choc en tout genre. Missions. C'est le terme qui était employé. Au début, je me voyais comme un James Bond, poursuivant le terrorriste et cherchant à échapper aux bruits de mitraillette et d'explosion. C'était l'inverse. Le terrorriste n'existe pas, vu q 'il n'y avait ni gentils ni méchants, juste des loques. Et pour ce qui est de la sono, je vivais dedans, comme s'ils avaient toujours fait parti de ma vie.

Au début, je pensais beaucoup, je ne faisais que ça, je passais d'un objet à l'autre avec les idées qui filaient à cent à l'heure. Enfin, les idées, elles filaient pas comme elles le font d'habitude, c'est-à-dire une idée géniale par minute. Là, mon esprit restait fixé sur une idée, et la retournait dans tout les sens. Tel un bovin qui rumine ce qu'il avale, mais en bien plus préniant. Comme une chanson qui sort pas de la tête en fait. A chaque geste, la même pensée revenait encore et encore.

C'est la première étape du travailleur à la chaîne, qui évolue assez rapidement car à force d'être triturée, une pensée unique a tendance à en faire ressortir la substantifique moëlle, soit la même idée, mais ravagée, dans un état de putréfaction, pestiférée. Bref, toute positif qu'elle soit au départ, la pensée devient une idée noire. La quinte essence de toute pensée est par conséquent, c'est ce que j'ai compris après cette expérience, négative. Bon, d'accord, voici un exemple: mettons que vous pensez à votre amoureux. C'est une pensée positive, vous pensez à ses calins, à ses cris pendant l'amour, à son rire quand vous racontez une blague. A la fin, vous pensez que vous êtes cocu, qu'elle vous a jamais aimé, qu'elle vous fait la gueule et ne veut plus vous voir.

Alors, suite logique, ces pensées négatives inspirent de nouvelles pensées, des pensées de haine, qui s'étendent vite vers l'humanité entière, les collègues, les patrons, les amis, les oiseaux, les algues. Vous me direz, ça ne change pas avec d'habitude. Sauf que cette haine universelle était infiniment accrue, d'une intensité phénoménale. Une aversion pour tout ce qui exista, existe et existera sur cette putain de chiure de planète. Les gestes se font plus violents, comme si l'envie de violer la machine imprégnait chaque mouvement. L'imagination est alors des plus florissantes, à faire palir le pire film catastrophe. Une imagination à base de meurtres, de viols de patrons, d'incendies, d'explosions nucléaires, de tsunami, etc... Bref, l'envie folle de renverser toutes ces piles d'objets, de bousiller les machines, de détruire le stock.

La fureur fini tout de même à s'éteindre, et un infini abatement prend sa place. Sans doutes la pire période, mais aussi la plus douce. L'esprit se vide totalement, et les gestes deviennent automatiques. Les sons de 'usine sont les seuls qu'on perçoit, l'esprit se fixe sur l'un, puis l'autre, dans une monotonie bruyante et chaotique. La conscience des gestes effectués disparait et la vue se trouble, regard fixé sur rien de précis, tout de général. L'oeil ne regarde plus, il voit. Alors, on se laisse bercer, jusqu'à ce que les muscles commencent à se révolter. Mais leur douleur n'incite même plus à fuir, ils rappellent seulement que le corps existe.

Voilà le récit d'une journée de travail à la chaîne, où l'humain perd, dans un processus dramatique ce qui fait de lui un être doué de conscience. Si par chance, la "mission" s'étend sur plusieurs jours, les première étapes se raccourcissent pour laisser de plus en plus de place à l'étape mécanique et sans vie. Entre temps, dans les périodes de pause, la rage est toujours présente, dirigée vers des cibles précises, allant de l'employeur à l'industrie en général en passant par le président de la république. Mais la fatigue prend le dessus, au bout d'un mois ou deux, tout homme devient trop épuisé pour haïr. N'étant plus doté de cerveau, le voici qui se pose devant la télé le soir, à gober la première débilité qui lui passe devant les yeux. Sans comprendre de quoi il s'agit réellement, sans faire de liens entre les 24 images par secondes.

Chronique d'une mort ordinaire. Mais, il ne faut pas dire qu'il s'agit d'une torture, ou de quoi que ce soit d'autre. Lors d'une torture, l'homme se révolte, ici, ce n'est pas le cas, il abdique vite face au poids de la torpeur. Il est souvent question d'orgasme quand l'homme meurt. Cette image est fausse, je pense que mourrir est très équivalent à ce qui arrive à l'usine: un abandon de toute forme de lutte, une résignation. Je vois souvent le travail à l'usine comme une torture, ou quelque chose du genre. J'ai sans doutes tort. Car en effet, des gens qui travaillent à l'usine, combien cherchent à en sortir? Il doit y avoir un plaisir de sentir son esprit vidé, peut-être est-ce ça la belle vie. Les ouvriers n'ont pas l'air mécontents, ils cherchent même à se battre pour empêcher la fermeture de leur emploi. Ils prennent du plaisir dans les gestes répétitifs, il n'y a qu'à constater leur regard inexpressif en fin de journée. Le même regard est présent après une nuit torride... pensez-y.

Maintenant, imaginez que je fasse mon blog à la chaîne.
Maintenant, imaginez que je fasse mon blog à la chaîne.
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Maintenant-imaginez-que-je-fasse-mon-blog-a-la-chaine
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Main-te-nant-i-ma-gi-nez-que-je-fas-se-mon-blog-a-la-chai-ne
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Maintenantimaginezquejefassemonblogalachaine
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Mintenanimaginékejefassemonblogalachène
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tnanginékejfasseblogchène
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tnéblogchèn
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tnéchèn
chèn
èn
...
...
...

ajout:
Un autre phénomène a lieu lors de ce genre de travail. Une impression de puissance m'a parfois englobé. En effet, de voir tout ces gens derrière nous, et devant nous, m'a donné l'impression d'avoir un certain pouvoir sur ces gens. Imaginez, une de ces personnes arrête de travailler, et c'est toute la chaîne de montage qui s'arrête, déraille, les objets s'entassent, s'écrasent mutuellement, puis une alarme stridente qui s'enclenche, la production , quel plaisir de voir toute une production partir en couille. Plaisir extrême d'imaginer que si nous étions absents, rien ne marcherait. Pouvoir absolu sur le reste des employés, droit de vie ou de mort sur le travail des autres.
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# Posté le jeudi 22 octobre 2009 05:52

Modifié le mardi 27 octobre 2009 17:27

bienfaits de la pollution

bienfaits de la pollution
Je sais pas exactement quand, mais le film de Nicolas Hulot va bientôt sortir. Un film comme nous en avons vu d'autres, comme par exemple, home, ou alors le film d'Al Gore. L'originalité résidera dans le fait que le film ne montrera pas de graphiques, ni des images vues d'élicoptère, mais prises depuis un ULM. Le but visé par ce film est exactement le même que pour les autres films cités, c'est-à-dire impressionner les spectateurs pour leur faire prendre conscience de la gravité de notre situation. Voici qu'est en train de naître une nouvelle génération de films, après les films catastrophes, les films écologistes.

Nous sommes tous d'accord pour dire que la pollution, c'est du caca boudin, mais les solutions que tout ces écologistes donnent ne sont pas géniales. Selon eux, il faudrait retourner à l'époque post-industrielle, une sorte de retour à la nature, qui remplacerait les voitures par ces chevaux, et les usines par des paysans. Seulement, cette solution a quelques inconvénients, au début du 19e siècle, les rues de Paris puaient pas la gaz d'échappement, mais puaient la merde et la pisse, est-ce mieux? (cela dit, il est vrai que Rennes sent toujours cette charmante odeur de pisse, mais nous n'y pouvons rien, et les autorités s'efforcent à recouvrir se parfum de déo) Et puis, il faudrait renoncer à tout notre mode de vie, notre confort. Nous n'aurions plus d'eau chaude, ni de lumière le soir (ce qui augmentera la criminalité), et surtout, il n'y aurait plus d'ordinateurs et plus ce blog merveilleux, ce qui est le plus gros drame qui soit.

Vous voyez-vous chausser des sabots et bêcher une terre infertile? Survivrons-nous aux famines hivernales? La technologie que nous employons est peut-être polluante, mais elle nous permet une vie plus facile, et plus longue. Pourquoi cracher dessus?

Je ne souhaite pas abandonner mon époque sous quelques prétextes écologico-fallacieux, et je suis certain que peu de gens sont prêts à le faire. L'amélioration n'ira pas en reculant, mais avançant. Le recul équivaudrait à rebrousser chemin et à renoncer au principe d'évolution inhérent à notre espèce, et à la nature entière. A mon avis, nous arriverons à lutter contre la pollution en inventant de nouvelles techniques, il ne faut d'ailleurs pas se leurrer, l'écologie n'en est qu'à ses balbutiements, ce n'est pas une science exacte, nous tatonnons beaucoup, faisons des expériences, qui parfois échouent, et parfois réussissent (rarement pour l'instant). Certains de nos choix en vue de sauvegarder la planète vont da sle bon sens, tandis que d'autres sont des remèdes pires que les maux.

Après avoir bousillé l'écosystème planétaire, l'homme n'aura d'autre choix que d'en recréer un nouveau, jusqu'à devenir partie intégrante de la Terre, et non plus un parasite vil et sans états d'âme. Ma conviction est que la pollution de notre planète va dans le sens de notre évolution, un jour, elle sera tellement souillée qu'il faudra bien la nettoyer, et nous le ferons, un peu comme des gosses qui ont une chambre en bordel. Si on leur dit de ranger, ils le feront pas, mais si on aggrave le désordre, le gosse se mettra à dire: "Ca suffit, faut ranger maintenant!" Parce que ce sera trop.

Donc, nous développerons des technologies pour nettoyer la planète, et pour rendre l'espace à nouveau sain. J'avoue que la période avant cette véritable prise de conscience sera difficile, à cause même de la pollution, le ciel noirci par la fumée, les mers recouvertes de cadavres de poissons. Ce sera pas beau à voir, un vrai carnage, mais pensez bien à l'image de Paris avant et après le 19e siècle: le passage d'Haussmann qui a tout démollit pour reconstruire en beau et propre est la preuve que nous pouvons le faire à l'échelle planétaire, construire un nouvel écosystème.

Et nous y arriverons car l'homme est capable de bien des choses. La réussite de ce projet nous donnera de nouvelles armes pour explorer, et à terme coloniser les autres planètes du système solaire, chose jusqu'alors impossible, car nous n'avons pas les moyens technologiques suffisants. Mais après avoir réussi à redonner santé et vie à la Terre, l'homme pourra rendre la Lune, Mars, Vénus des terres vivables, est-il nécessaire de dire que l'atmosphère de Vénus est constituée de dioxyde de carbone et qu'il y pleut de l'acide sulfurique?

Je vous entends railler, moquer cette idée, mais je rejette en masse vos médisances. Une avancée technologique a des conséquences qui sont incalculables, l'exploration de la Lune n'a pas apporté que quelques cailloux poussiéreux, mais les technologies mises en oeuvre sont à la base de nos ordinateurs portables, avant Armstrong, nos ordinateurs ressemblaient à d'immenses frigos, et maintenant, nous en arrivons à pouvoir trimballer nos machines dans nos sacs à dos. Le progrès est immense!

La pollution est par conséquent une étape de l'évolution de l'humanité, un peu comme une épreuve que nous devrons un jour surmonter pour faire un grand pas en avant et faire des progrès dans de nombreux domaines. Certes, il est possible d'échouer lamentablement, de ne pas réussir à tout nettoyer. Dans ce cas, il est possible que nous y restions, intoxiqués par notre propre saleté. Cependant, la planète n'en sera pas détruite pour autant, malgré se qu'a dit notre président.

Peut-être que nous allons tous y passer à cause des radiations, mais la panète, elle s'en sortira sans trop de mal. Elle a bien survécu à une météorite, alors il n'y a pas de souci à se faire, ce ne sont pas deux ou trois milliards d'humains qui réussiront à la flinguer. Il est possible que nous crevions comme les dinosaures, mais la nature reprendra ses droits, certains animaux résistent très bien aux radiations par exemple, et je doute que même si nous utilisions simultanément tous nos moyens de destruction, nous réussirions à éradiquer la vie. La vie, c'est un peu comme de la mauvaise herbe, ça s'incruste partout et c'est indélogeable cette saloperie.

En conclusion, soit la pollution nous aide à développer de nouvelles technologies incroyables, soit on meurre (quoi que c'est pas certain, non plus, il est possible que nous nous adaptions aux radiations mortelles, auquel cas, nous risquons de survivre). Donc, il n'est pas nécessaire de s'alarmer outre mesure parce que la couche d'ozone se perce.
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# Posté le jeudi 08 octobre 2009 05:51

la stupidité de la bonté

la stupidité de la bonté
Tout le monde connait cette scène ridicule. Une vieille sénile ou un aveugle sont postés devant un passage piéton, un passant lambda arrive, et prend le bras de l'handicappé pour l'aider à traverser. C'est alors que ce dernier résiste, disant qu'il ne cherchait pas du tout à traverser. Voici une bonne façon de passer pour un con. Autre scène, que j'ai vue de mes propres yeux, cette fois-ci. Le bus roule sur une quatre-voies à toute allure. A l'intérieur, un vieux s'apprête à se lever, s'accroche à la barre, etc. Un passager se décide alors à appuyer sur lebouton d'arrêt du transport. Le bus s'arrête devant l'arrêt, le vieux continue à se préparer et... plus rien. Personne le descend. Le chauffeur souffle, il en a marre deces petits cons qui appuient sur le bouton sans arrêts pour le simple prétexte qu'il est rouge (le bouton, et non le chauffeur). Le bus redémarre donc, après avoir mis deux minutes pour pouvoir s'insérer dans la circulation rapide. Le vieux appuie ensuite par ui même sur le bouton pour sortir à l'arêt suivant. L'appuyeur passe pour un gros con.

Ces deux scènes de la vie de tout les jours pour prouver qu'il est amplement préférable de s'occuper de ses affaires et de pas faire attention au reste de l'humanité. A mon humble avis, si chacun ne s'occupait que de ses affaires, il y aurait moins l'occasion de passer pour un débile profond.

Il faut avouer qu'un geste généreux n'est jamais apprécié à sa juste valeur, une bonne âme se casse souvent le cul à aider son prochain qui ne lui a rien demandé, et il ne reçoit même pas d'argent en récompense. Je trouve cela d'un scandaleux! A peine un "m'rci" marmonné entre les dents, et le plus souvent pas de regard chargé de gratitude. Voici le seul paiement pour une bonne action.

Le paradis? Oui, mais si c'est pour se faire chier avec d'autres personnes qui s'entraident, je n'y vois aucun intérêt. Et puis, je risque fort d'être allergique au surplus de fleurs et du ciel bleu. Trop de bons sentiments dans cet endroit, qui est, je dois le dire, infiniment trop sélect à mon goût!

Bon, j'avoue, j'ai une fois de ma vie été généreux, une mendiante me demandait de l'argent, et je lui ai donné. Résultat? Ben de un, je ne suis pas au paradis, ce qui est dramatique vu l'effort que j'avais fait. Mais en plus, j'en ai été malade. Je ne sais plus quelle somme j'avais lâché à la miséreuse, mais le geste fait, tout a défilé dans ma tête: toutes les choses que j'aurais pu acheter pour moi seul. Des bonbons, et bien d'autres choses. Avec l'argent, que va acheter la clocharde? une bouteille de vin pour oublier un tant soit peu sa chienne de vie, ou alors acheter de la bouffe de mauvaise qualité pour retarder sa mort prochaine. Bref, des trucs inutiles!

Je me suis couché avec toujours cette idée, je culpabilisais d'avoir fait quelque chose de bien, ce qui est un comble! Durant toute la nuit, j'étais hanté par mon geste malheureux, dégoûté de m'être appauvri pour une pauvre femme. Ma conclusion de cette histoire fut qu'il ne fallait pas se montrer l'âme charitable, ça n'apportait que des problèmes d'ordre pécuniers, et ça perturbe aussi les cycles du sommeil.

Depuis ce traumatisme primordial, je m'efforce à ne plus être gentil du tout. Et je m'y tient tant que je peux. C'est fou, mais depuis, j'angoisse beaucoup moins à propos de mon argent dépensé, je le garde pour moi, et j'achète des trucs pour moi. Pour moi seul! Et je deviens de plus en plus riche! Je suis d'ailleurs déjà multicentenaire (ce qui veut dire que j'ai plusieurs centaines d'euros, pas quelque centaines d'années)!

Cet acharnement penser à mon bien être m'incite aussi à ne pas donner les organes, ni aucune partie de mon corps car, tout comme ma fortune, mon corps est un et indivisible, et je me refuse à avoir des problèmes de conscience au cas où j'ai donné trop de sang à quelqu'un qui fait la manche.

En parlant de ça, je repense à un sketch de Stéphane Guillon qui parle d'un type qui est mort parce qu'il a fait don de son deuxième rein (c'est gentil, mais c'est couillon). Par conséquent, je le réaffirme ici, je ne donnerais jamais une partie de mon corps à un mendiant, surtout si c'est pour qu'il le flingue en deux semaines comme il claquerait mon argent en une heure. Non merci. J'ai une estime très haute de mon corps, et jamais je ne commettrais la maladresse de rompre son harmonie absoule pour un de mes contemporains.

Mais, et ma soeur, ou mon frère, me direz-vous? Non plus, surtout si après c'est pour le voir rejeter l'organe que je lui aurait si grâcieusement donné. Ma bonté a ses limites, et je pense que j'en voudrais à mort, c'est le cas de le dire, à cette personne refuse un bout de mon corps. Je préfère qu'elle meure, mon corps n'est pas une denrée distribuable, il est moi, et je le garde. De toute façon, mieux vaut que quelqu'un d'autre que moi meurre, quel qu'il soit. Je sens d'ici le cercle vicieux: d'habord donner son sang, puis sa moelle osseuse, puis un petit organe comme une couille, ensuite un rein, un poumon, le foie, le coeur, le visage! Il n'y a pas de fin, et me voici complètement démonté, les bouts éparpillés dans tout les sens, dans des corps qui ne sont même pas moi.

D'ailleurs, j'ai pour intime conviction que le bénévolat n'existe pas. Les gens ne travaillent pas gratuitement, jamais, c'est une chose impossible. Ils ne sont pas payés pour ce qu'ils font, certes, ils ne gagnent pas d'argent, mais il agissent bénévolement dans l'attente d'une récompense. Certain gagnent des amis, d'autres de la gratitude, d'autres, la satisfaction d'avoir fait une bonne action, ou encore la certitude d'aller au paradis. Les gens sont par conséquent intéressés dans tout ce qu'ils font. Je suis vraiment désolé de casser tout ce que vous croyez sur l'espèce humaine, mais ce que je dis est vrai. Les bénévolats sont poussés à faire leur travaux non rémunérés par cupidité, ils pensent à eux avant de penser aux autres.

De toute façon, le vieux précept dit: faites du bien à un âne, il fait des crottes, et vu que je préfère ne pas me retrouver dans la merde, je n'irais pas flatter la croupe d'un quelconque âne de mon entourage, peut-être qu'après, les gens m'en seraient reconnaissants d'être un ordure.
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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 14:13

l'article nécessaire sur Monsieur Cyclopède

Les miniséries télévisées aux alentours de la grand-messe du JT ne débutent pas avec un gars une fille sur la 2. Tout comme la météo, il s'agit d'une institution télévisuelle qui date. En effet, quoi de mieux qu'un bond éclat de rire avant de voir Laurence Ferrari nous annoncer des morts par milliers? Ces petites émissions ont pour principal but de muscler les zygomatiques avant l'activation des glandes lacrymales à l'annonce d'immondes atrocités.

Faire la liste de toutes ces émissions serait inutile et au-delà de mes forces (pourtant incommensurables). Et je ne parle pas ici de la contreproductivité que cela aurait, en effet, une simple liste de noms et de dates est aussi indigeste qu'une patate crue arrosée de pâte à tartiner. Non, mieux vaut se pencher sur l'une de ces séries et approfondir le sujet.

C'est pour cette raison, cette raison seule que j'ai choisi totalement au hasard la "minute nécessaire de monsieur Cyclopède". La raison de ce choix n'est pas évident à expliquer, premièrement, je n'étais même pas un foetus lorsque ce monsieur déchaînait les foules, une bonne partie de vous ne le connais pas non plus. Le nom du programme est à coucher dehors, et la chaîne de diffusion (FR3) perd régulièrement à la guerre de l'audimat contre TF1. En outre, la vétusté de l'émission nous condamne à subir le logo INA dans le coin du poste de télévision, nous empêchant du même coup d'admirer ce qu'il y a dans ledit coin.

Monsieur Cyclopède est une invention de Pierre Desproges qui avoue dans le communiqué de presse ne pas comprendre exactement raisons l'ayant poussé à baptiser ainsi son personnage. Le but de ce monsieur est malgré tout assez clair: "l'ambition serait de déchaîner un minimum d'hilarité chez mes contemporains boursouflés d'angoisse à l'approche du tiers provisionnel et de la troisième guerre mondiale". C'est ce qu'affirme Desproges dans son communiqué. En réalité, la véritable raison est mise à jour dans la description qu'en fait Marie-Ange Guillaume: "le soir, entre 20h33 et 20h35, il ne fait rien". Raison sans doutes peu crédible au regard de la première, mais qui a la qualité de présenter des horaires fixes.

Passons maintenant à ce monsieur Cyclopède, je n'ai encore rien dit de lui. Curieux personnage, habillé comme pour aller à la messe avec à la veste un large coquelicot plat. Du côté du caractère, ce n'est pas un homme des plus fréquentables. Certes, il donne de son temps pour donner des conseils et des astuces à un auditorat hagard, mais ses conseils sont imbibés d'une mysanthropie qui dépasse largement les bornes. Est-ce raisonnable d'inviter des téléspectateurs à pratiquer l'IVV, l'interruption volontaire de vieillesse, ou alors à jouer à colin-maillard avec un aveugle? Surtout à une heure de grande écoute?

Ce présentateur, vous l'aurez compris ne respecte rien, et dans une tempête cynico-burlesque, il s'en prend autant à sa sainteté (pour vérifier si elle garde en toute circonstance son sérieux), aux anciens combattants, aux académiciens. Il méprise toutes les valeurs qui font de l'homme un être civilisé et bien élevé. Il n'aime personne, ni vieux, ni jeunes, se moque ouvertements des grands hommes et des monuments artistiques. En un mot, il exècre tout ce qui touche de près ou de loin son monde contemporain. Mais l'irrévérence va encore plus loin, il se plait à ouvrir sa minute en s'adressant directement aux téléspectateurs, ces êtres amorphes posés devant leur poste. "De nombreux imbéciles me demandent..." commence-t-il souvent, instaurant du même coup sa toute supériorité face au commun de la masse se lavant passivement la cervelle.

A vrai dire, la seule chose qu'il ne méprise pas, ce sont ses propos. Chaque soir, il est extrêmement fier de jeter ses astuces les plus géniales à la foule ébahie. Monsieur Cyclopède est avant tout un inventeur bourré de talent qui cherche à libérer ses concitoyens de nombreuses corvées qui accablent l'homme moderne. Il a, au cours de ses diffusions, donné de nombreux petits trucs pour ne pas s'ennuyer lors d'une période de deuil, (compter ses cheveux pendant la minute de silence, mettre un nez de clown pour enfin se marrer lors d'une veillée funèbre) mais aussi, et c'est bien là que réside son génie, il est l'inventeur d'innombrables appareils tous plus utiles les uns que les autres: le gouzigouzi drôme portable pour pouvoir se livrer à la débauche en pleine rue jean Jaurès, ou encore le mimélastos qui permet de cacher sa joie lors de l'enterrement d'un proche.

Malgré tout ces défauts qui l'accablent, la minute nécessaire de monsieur Cyclopède était un regard d'une finesse incroyable portée à l'étrange lucarne et aux aspirations modernes. En effet, de nombreuses minutes visent à rentabiliser tel ou tel objet comme par exemple la colère de Dieu, ou bien la paimpolaise. L'argent est maître mot de nombreuses minutes, et Cyclopède s'inquiète avec force face à l'augmentation du prix du poireau ainsi que du topinambour. Une inquiétude ô combien révélatrice de ses centres d'intérêts qui étaient (et sont encore) ceux de nos dirigeants qui s'adonnent tous à cette course au profit facile. Cependant, ce monsieur accaparant l'écran de télévision n'est pas qu'un être assoiffé par l'appat du gain, il a aussi un grand coeur, comme le prouvent les trois minutes nécessaires nommées "compatissons aux misères humaines (1), (2) et (3)" Dans l'une d'elles, monsieur Cyclopède a la bontée d'âme de sortir de sa poche un billet de 500 francs aux pauvres de France qui disent ne jamais voir la couleur de l'argent.

La relation à l'image instaurée par le poste de télévision est poussé jusqu'à l'absurde de sa logique. En effet, le téléviseur nous fait prendre les témoignages pour des réalités inaltérables selon un schéma repris et exagéré à outrance par monsieur Cyclopède. Le présentateur annonce une vérité: "le petit prince était un fort bel enfant, aux grand yeux émerveillés par la beauté des choses". Le plan suivant montre le petit prince qui dit: "je suis un fort bel enfant aux grands yeux émerveillés par la beauté des trucs". La forme se répète sur de nombreuses minutes, et très vite, nous en arrivons à prendre des vessies pour des lanternes (chose crédible si la vessie affirme être une lanterne). Le téléspectateur est rapidement perdu par tout ce mélange de valeurs, ce qui est un inconvénient quand on est présentateur télé et homme de science comme ce Cyclopède. Il se sent alors obligé d'aider tout ces imbéciles pour qu'ils ne soient "pas ridicules en société". Par conséquent, nous apprenons à distinguer une gardienne d'immeuble d'un oléoduc ("la pipeline s'appellant Paulette, et la pipelette s'appelant Pauline''), ou alors, à faire la différence entre le grand-père du pontife et le père du patriarche d'Athènes (le papa du pope a du pain et la papy du pape a des poux).

Mais, le sujet qui tarraude le plus Pierre Desproges, et que monsieur Cyclopède s'efforce à désacraliser est la mort. Sujet difficile à aborder dans avoir l'esprit embué par les brumes du deuil. L'animateur ne peut pourtant se départir d'un large sourire narquois lorsqu'il aborde ce sujet, et pire, il pouffe après avoir tué un être vivant devant les téléspectateurs. Il exècre au plus au pint tout ce qui a trait au deuil collectif durant lesquels il dit profondément s'emmerder, et malgré les quelque commémorations auxquelles il s'adonne sans grand plaisir, il est indéniable qu'il préfère tuer plus que pleurer. Et toutes les justifications sont bonnes: le fait que les grabataires savent plus ce qu'ils disent légitime à ses yeux le fait qu'on pratique l'interruption volontaire de vieillesse (sujet qui nous est très contemporain), ou encore, la vérification du vieux diction populaire chihuahua bouillu, chihuahua foutu qui l'autorise à plonger un petit chien dans l'eau bouillante. Il inventa même le tristement célèbre "bombardemi et bombarde-moi" sous prétexte que bombarder ses amis le faisait marrer!

Monsieur cyclopède accapara pendant de trop longues minutes (près d'une centaine) l'écran de FR3, ses expériences télévisuelles divisèrent très vite la population en deux catégories (non pas les juifs et les antisémites): les imnéciles qui aiment et ceux qui n'aiment pas. Chacun de ses passage était placé sous l'interrogation: jusqu'où ira-t-il? Il ne connaissait aucune limite, et se plaisait même à arborer une mèche et une moustache carrée en hommage au chancelier Hitler. Le seul regret que l'on puisse avoir est sans doutes que ses fameuses minutes aient été trop courtes.

Etonnant, non?

# Posté le jeudi 01 octobre 2009 15:07